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Avis : Dune de Denis Villeneuve

Après Blade Runner 2049, Denis Villeneuve s’attaque au roman culte de Frank Herbert. Très attendue, son adaptation sortira en France le mercredi 15 septembre 2021.

Achevé en 2019 et repoussé à maintes reprises à cause du Covid-19, le troisième film de science-fiction de Villeneuve a déjà enthousiasmé le public du Grand Rex à Paris, de la Mostra de Venise et du Festival international du film de Toronto. Lundi soir, j’ai eu la chance de le voir en avant-première dans les locaux de Warner.

Celui qui règne sur l’Epice règne sur l’Empire.

Entièrement recouverte d’un désert, Arrakis est peuplée de guerriers nomades, les Fremens, et de dangereux vers de sable. Pourtant, c’est la planète la plus convoitée de l’univers. En effet, on y trouve L’Épice, une substance addictive capable de décupler la puissance de l’humanité. Durant 80 ans, la cruelle maison des Harkonnen la contrôla. Mais un jour, l’Empereur décide de confier Arrakis au Duc Leto Atréides, un homme loyal et droit. Entouré de sa concubine et de son fils, sa mission va s’avérer plus dangereuse que prévue…

Une fresque inadaptable ?

Depuis sa publication en 1965, nombreux sont ceux qui ont voulu transposer Dune à l’écran. A la fin des années 70, il y a notamment le projet grandiose d’une durée de 12 heures d’Alejandro Jodorowsky, avorté faute de financements. En effet, si la mythique saga nécessite un budget à sa hauteur, c’est surtout sa densité qui pose problème. En 1984, David Lynch en fait l’amère expérience en relevant à son tour le défi. Décousu et assez kitsch, son métrage à grand spectacle se ramasse au box-office. Conscient de cela, John Harrison opte en 2000 pour une mini-série. Auréolée de deux Emmy Awards (Meilleurs effets spéciaux et Meilleur directeur de la photographie pour Vittorio Storaro), elle a même droit à une seconde saison (Les Enfants de Dune).

Chapitre 1

Fasciné depuis l’adolescence par l’œuvre d’Herbert, Villeneuve évite lui aussi bien des écueils en choisissant de faire un diptyque du livre originel. Complots, scènes de guerre, enjeux écologiques et récit intime. Il démontre ici qu’il sait marier divertissement et vision d’auteur. En effet, son scénario coécrit avec Eric Roth (Forrest Gump) et Jon Spaihts (Prometheus) s’attache à ne pas perdre le néophyte, tout en respectant une mythologie qui se déploie sur plusieurs planètes et dynasties. Offrant une captivante réflexion sur la condition humaine, son épopée de 2h36 ne nous laisse jamais sombrer dans l’ennui.

Un casting haut de gamme

Pour donner corps à cette odyssée galactique, on retrouve la nouvelle coqueluche d’Hollywood Timothée Chalamet (Call Me By Your Name), ainsi que l’envoutante Rebecca Ferguson (Mission: Impossible – Rogue Nation), le ténébreux Oscar Isaac (Star Wars), Stellan Skarsgård (Avengers : L’ère d’Ultron), Josh Brolin (Avengers: Infinity War), Dave Bautista (Les Gardiens De La Galaxie), Jason Momoa (Game Of Thrones), Javier Bardem (Skyfall) et l’indéboulonnable Charlotte Rampling (Assassin’s Creed). Très investis, les acteurs ont su se mettre au diapason pour servir sa formidable dramaturgie.

Une claque visuelle

Des grandes étendues inhospitalières d’Arrakis aux véhicules volants, en passant par les costumes militaires et impériaux. Le moins que l’on puisse dire c’est que le budget de 165 millions de dollars a bien été investi. Tourné en grande partie dans des décors naturels en Hongrie et en Jordanie, le film regorge de scènes à la beauté renversante. Entre la somptueuse photographie offerte par Greig Fraser (Rogue One: A Star Wars Story) et la bande son signée du compositeur oscarisé Hans Zimmer (Le roi Lion), cette brillante expérience sensorielle est à découvrir absolument dans une salle de cinéma.

Crédits Photos – Warner Bros. Pictures

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