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Enceinte à 44 ans : mon premier trimestre

En juin, Alex et moi accueillerons notre premier enfant. En pleine épidémie de Covid-19, cela donne quoi d’être enceinte passé la quarantaine ? Achevant mon 6e mois de grossesse, je souhaite partager ici cette aventure très intime.

Concevoir un enfant durant une crise sanitaire peut paraître insensé. Néanmoins, sache que je n’ai jamais rien planifié. Ma carrière professionnelle m’important peu, elle n’est certainement pas à l’origine de ma grossesse tardive. D’autre part, on m’a souvent taxé d’adulescente car je n’étais pas calée sur le même fuseau horaire que les femmes de mon âge. En toute honnêteté, j’ai toujours pensé qu’être mère n’était pas l’unique voie pour donner du sens à son existence.

Un désir commun

Fin 2007. Après moult aventures amoureuses, je rencontre Alex à 31 ans. Je n’ai rien connu d’aussi fort. Là encore, nos sentiments n’empêcheront pas d’interrompre, un an plus tard, une grossesse survenue sous pilule contraceptive (elle n’est pas infaillible en cas de gastro !). Il nous faudra neuf ans et un mariage l’année de mes 40 ans pour que l’on envisage une vie à trois. Un choix guidé par notre amour et non par une quelconque pression sociale ou horloge biologique.

Un chemin difficile vers la maternité

Canada, juillet 2016. Deux mois après s’être mariés, me voilà enceinte durant notre lune de miel. Toutefois, notre joie est de courte durée. En effet, les fausses-couches nécessitant une hospitalisation s’enchainent. Dès lors, il devient difficile de croire en nos bilans médicaux soi-disant excellents. Finalement, une énième fausse-couche en 2018 indique les responsables : 3 fibromes présents dans mon utérus depuis 2 ans… Hystéroscopie, hystéroscopie opératoire et myomectomie par laparotomie. Au premier semestre 2019, trois interventions sont ensuite nécessaires pour se débarrasser de ces trouble-fêtes.

2019-2020, une bulle salvatrice

Après quatre années de deuils, de culpabilisation, de solitude et de souffrances physiques, une pause s’impose. Normandie, Écosse, Lyon, Londres ou encore Miami. On décide ainsi de s’offrir plusieurs escapades pour se vider la tête. Puis, le confinement de mars 2020 survient. Étant au chômage et Alex en télétravail, nous voilà privés d’échappatoires. N’ayant plus à faire bonne figure, nous prenons le temps de panser ensemble nos blessures. Une proximité de tous les instants qui renforce davantage notre couple.

L’avènement de notre miracle

Au sortir du confinement, les randonnées en Ile de France reprennent. Le projet bébé n’est plus vraiment d’actualité. Pourtant, dimanche 18 octobre, je fais un test urinaire car j’ai une drôle d’intuition. Son résultat est positif ! Le jeudi suivant, ma sage-femme me confirme qu’un embryon de 3 semaines est bien implanté et qu’il n’y a aucune trace de fibrome à l’échographie. J’ai beau savoir qu’être enceinte sans être passée par la case PMA est une chance incroyable, l’explosion de joie n’est pas au rendez-vous.

Sous haute surveillance

Face à la désinvolture de certains face au virus, je préfère squatter la maison H24 et ne sors que pour mes rendez-vous médicaux. Fausse-couche, anomalies génétiques, diabète gestationnel… Les risques liés à une grossesse tardive sont déjà bien assez nombreux. C’est pourquoi, j’ai le droit à des consultations rapprochées. De plus, mon âge m’oblige à renoncer à la Clinique des Bluets et à choisir une maternité disposant d’un service de réanimation néonatale. Malgré tous les mauvais souvenirs vécus là-bas, je me suis donc inscrite à l’Hôpital Trousseau, situé à deux pas de chez nous.

Et physiquement ?

Pour cette 7e grossesse, mon ventre sort très vite. Quant aux maux de grossesse, je m’estime plutôt chanceuse. Contrairement aux fois précédentes, je n’ai pas de problème de circulation, ni de douleurs ligamentaires. Au programme : une irrépressible fatigue m’obligeant à faire la sieste l’après-midi, un état nauséeux et des ballonnements en fin de journée ainsi qu’un désintérêt total pour les mets sucrés. Résultat, je perds 2 kilos.

Un tsunami d’émotions

On a l’impression d’être en apnée. En effet, mes prélèvements sanguins sont bons, le triple dépistage prénatal de trisomies se révèle négatif, les échographies sont encourageantes. Cependant à chaque examen, on ne peut s’empêcher d’avoir peur pour notre bébé. Dans ces moments-là, l’absence de ma mère qui nous a quittée en 2018 se fait cruellement ressentir. Hyper à l’écoute, Alex se veut rassurant mais ce n’est pas suffisant.

Nos petits bonheurs

Fort heureusement, l’angoisse n’est pas omniprésente. Ces trois premiers mois sont également synonymes de réjouissances :

  • Entendre le cœur de l’embryon battre (6 SA).
  • Le voir distinctement (9 SA).
  • Rire devant son petit coucou de la main (12 SA).
  • Les mesures moins drastiques qu’en mars permettent à Alex de m’accompagner à chaque rendez-vous.
  • Pouvoir être suivie par une sage-femme ultra bienveillante qui n’hésite pas à faire des échographies et à nous contacter rapidement pour nous rassurer. Point bonus, elle est à 400 mètres de notre appart’.

9 décembre 2020. L’échographie du 1er trimestre a enfin lieu. L’examen se faisant en ville, nous vivons à deux ce moment profondément émouvant. Tout est normal. Quel soulagement ! Nous avons aussi la surprise d’apprendre qu’il s’agit d’une fille. En sortant de son cabinet, on a encore du mal à y croire…

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