Dans le cadre du Club Jokers, j’ai vu en avant-première DONNYBROOK de Tim Sutton (DARK NIGHT, MEMPHIS). Grand Prix du dernier Fantastic Fest et présenté au Festival de Beaune 2019 au sein de la Compétition Sang Neuf, son quatrième long-métrage s’inspire du roman éponyme de Frank Bill paru en 2013.

Distribué par The Jokers Films, cet âpre récit nous plonge au cœur du Midwest, une région rurale des États-Unis ravagée par le chômage. On y suit l’ex-marine, Jarhead Earl (Jamie Bell, Snowpiercer, le Transperceneige), un homme déterminé à offrir une vie meilleure à sa famille. Et pour parvenir à ses fins, il compte participer au Donnybrook, un tournoi de combat clandestin où tous les coups sont permis, dont le vainqueur remporte 100 000 dollars.

En chemin, ce patriote maltraité par son pays va croiser de sordides personnages guidés par leurs propres obsessions. Parmi eux, l’effroyable Chainsaw Angus (Frank Grillo, Captain America : Civil War) et sa séduisante sœur Delia (Margaret Qualley, LEFTOVERS), deux dealeurs de méthamphétamine ayant bradés depuis belle lurette leurs valeurs morales.

Contrairement à ce que laisse suggérer la bande-annonce, il ne faut pas s’attendre à un film de combat dans la même veine que BLOODSPORT ou WARRIOR. Mettant principalement à nu des protagonistes qui se débattent avec leur condition sociale, ce thriller dramatique d’une noirceur absolue dresse surtout un pertinent état des lieux de l’Amérique profonde d’aujourd’hui.

Magnifié par la photographie de David Ungaro (MARY SHELLEY) et servi par un casting à l’énergie quasi animale, DONNYBROOK transpire la colère et la misère humaine. Un film coup de poing déconseillé aux âmes sensibles. A voir dès que possible !

A propos de l'auteur

Passionnée de Pop Culture et friande d'évasion, ma curiosité n'a aucune limite.