En salles le 11 mars prochain, Vivarium fustige les fondements de l’American way of life en plongeant Jesse Eisenberg et Imogen Poots dans un funeste cauchemar.

Issus de la classe moyenne, Tom (Jesse Eisenberg, The Social Network) et Gemma (Imogen Poots, Chasseuse de géants) cherchent le petit nid douillet où ils pourront s’installer ensemble. Durant leurs recherches, ils rencontrent un drôle d’agent immobilier (Jonathan Aris, Rogue One: A Star Wars Story) qui leur propose de découvrir Yonder, un nouveau lotissement érigé en banlieue. Mais une fois sur place, le couple n’arrive plus à sortir de ce décor aseptisé où se dresse une kyrielle de maisons identiques.

Exit les jump scares et autres facilités propres au genre. Soutenu par de formidables acteurs, le second long-métrage de Lorcan Finnegan (Without Name) préfère instaurer un climat anxiogène en brouillant les frontières entre réalité et illusion. Similaire à l’urbanisation concentrationnaire des banlieues résidentielles, son Yonder se fait ainsi le reflet d’une humanité conformiste qui a largement hypothéqué ses paysages, ses ressources naturelles et sa qualité de vie. Ici, les journées répétitives et le dénuement esthétique dégagés par les lieux imprègnent insidieusement nos jeunes tourtereaux. Vivant en autarcie dans un écosystème dont ils subissent les règles, ils s’éloignent peu à peu l’un de l’autre, renonçant également à leur personnalité. La déchéance de ses âmes damnées s’avère alors terrifiante car elle fait écho au contrat social induit par notre société consumériste. Grand prix Nouveau Genre à l’Étrange Festival 2019, ce bel objet de réflexion s’inscrit durablement dans les esprits.

A propos de l'auteur

Passionnée de Pop Culture et friande d'évasion, ma curiosité n'a aucune limite.