Royal Monceau-Raffles, à deux pas des Champs-Élysées. Mercredi soir, le réalisateur-producteur Matthew Vaughn (X-MEN : LE COMMENCEMENT, KICK ASS) et Colin Firth (LE DISCOURS DU ROI, LOVE ACTUALLY) présentaient à quelques blogueurs privilégiés KINGSMAN : SERVICES SECRETS, un nouveau film d’espionnage parodique qui sort en salle le 18 février prochain. Voici ce qu’il fallait retenir de cette entrevue.

Genèse

Après « Kick-Ass », « Nemesis » et « Superior » publiés par le label Icon de l’éditeur Marvel Comics, Mark Millar lance en 2012, « The Secret Service ». Basé sur une idée du réalisateur Matthew Vaughn et en collaboration avec le dessinateur Dave Gibbons (WATHMEN), ce nouveau comic book suit ainsi le recrutement et la formation d’un jeune homme d’origine modeste, au sein d’une mystérieuse organisation d’espionnage : le Kingsman. Une agence d’élite ultra sélective qui devra bientôt faire face à la menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé d’un génie de la technologie. Entre temps, Vaughn et sa scénariste attitrée Jane Goldman, s’attaquent à son adaptation en y apportant quelques changements. Le cinéaste nous explique alors :

« Pour moi, le lien de parenté entre l’espion gentleman et ce jeune qu’il prend sous son aile n’était pas logique. S’il s’agissait de son oncle, il l’aurait suivi sans sourciller. A l’instar de My Fair Lady, il fallait que cela soit plus conflictuel… Et pour ce qui est du bras droit de Valentine, Gazelle devait être un homme. Quand j’ai commencé le casting, j’ai pensé qu’Oscar Pistorius serait bon… Puis, j’ai trouvé qu’il y avait trop d’hommes dans le film. Il fallait une touche sexy, plus féminine… »

Incarnée par Sofia Boutella, une danseuse de hip-hop vue notamment dans STREET DANCE 2, cette jeune femme amputée des membres inférieurs qui porte de singulières prothèses en carbone est une véritable machine à tuer et nous réserve d’ailleurs les moments les plus jouissifs du film.

Colin Firth, Héros Badass ?

Dessoudant et castagnant ses ennemis avec une certaine décontraction. A 54 ans, Colin Firth prouve qu’il a encore de la ressource lorsqu’il s’agit de prendre au dépourvu le spectateur. Entouré de Brad Allan, ceinture noire de kung-fu et membre de la Jackie Chan Stunt Team (LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE), de Rudolph Vrba, champion du monde de boxe Thai (KICK ASS), du cascadeur Rick English (THE DARK KNIGHT RISES) et du champion olympique de gymnastique Damien Walters (CAPTAIN AMERICA), l’inoubliable interprète du raffiné Mr Darcy ferait presque de l’ombre à Jason Statham.

« Ce que vous voyez à l’écran c’est vraiment moi. Mais, je suis heureux que vous ne m’ayez pas vu après le premier mois d’entrainement mais plutôt au bout de 6 mois. Les gens qui m’ont entraîné ne sont pas seulement des athlètes extraordinaires, ils ont compris qu’il ne s’agissait pas là d’une simple chorégraphie. Au-delà d’une danse compliquée, difficile et douloureuse, il y avait aussi une histoire à raconter pour que cela touche le spectateur. »

Quant à savoir s’il compte poursuivre dans cette voie en prenant par exemple la relève de Daniel Craig dans un éventuel James Bond, il répond par la négative.

« Cela dit si on me proposait d’être le méchant d’un James Bond, je dirais probablement oui. Ce genre de rôle est assez enthousiasmant… même si en y regardant bien ceux qui l’ont incarné voient leur carrière devenir plus calme par la suite… »

A l’aise dans ce rôle, il avoue cependant sa méconnaissance du matériau d’origine :

« Je n’avais jamais lu de comics auparavant, Enfant, j’étais plus Tintin. En revanche, mon fils connaissait l’univers de Mark Millar. Lorsque j’ai rencontré Matthew, le script n’était pas terminé. J’ai donc commencé à lire le comic book. Après avoir découvert sa beauté graphique et l’histoire, je me suis demandé pourquoi je n’en avais pas lu avant cela et ne m’intéressais qu’à des livres prétentieux. »

Violence gratuite ?

Dans cette ode moderne aux films d’espionnage, vous l’aurez donc compris, le cinéaste britannique nous régale avec des scènes outrageusement violentes, et savamment chorégraphiées. Il affirme ainsi :

« J’ai grandi dans les années 70 à regarder des films pourvus de panache et fait avec beaucoup de sérieux. Les trois films qui m’ont le plus touché au cinéma à cette époque étaient : STAR WARS, INDIANA JONES et L’ESPION QUI M’AIMAIT. Gamin, je m’imaginais tuer quelqu’un avec mon stylo… J’ai toujours voulu reproduire ce genre de films à l’écran. Le monde est devenu un endroit tellement misérable que j’ai envie de divertir les gens, de leur donner le sourire. »

Toutefois, comme il l’avait fait précédemment dans KICK ASS, le cinéaste dispense aussi au passage des messages nettement plus louables.

« Tout d’abord, ce n’est pas un film contre les nouvelles technologies. Au contraire, elles doivent être acceptées, embrassées même, car ce sont probablement elles qui sauveront le monde… Ici, l’idée c’est que si les gens avaient de meilleures manières, le monde serait un endroit plus agréable… Nous devrions également considérer les jeunes autrement. Il faut leur donner de l’espoir car le monde est compliqué pour eux. La situation économique est si mauvaise que beaucoup d’entre eux n’arrivent pas à avoir un travail après leurs études et sont chanceux s’ils peuvent trouver une place chez McDonald’s. »

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Anecdoctes

Durant près d’une heure, Matthew Vaughn et Colin Firth ont répondu aux questions avec beaucoup d’humour. Vaughn a d’ailleurs partagé certaines anecdotes en rapport avec le tournage.

« J’ai détesté chaque seconde du tournage de la scène sous l’eau. C’était horrible ! Je ne sais pas comment fait James Cameron. Je pensais déjà qu’il était un génie désormais je le vois comme un dieu. Passer autant de temps sous l’eau c’est non seulement très difficile mais aussi très dangereux. Tout est allé de travers. Et si les acteurs ont l’air effrayé, c’est qu’ils l’étaient vraiment. »

« Dans le film, Samuel L. Jackson parle avec un cheveu sur la langue. Il ne s’agit pas de mon idée mais de la sienne. Ayant lui-même grandi avec un défaut de prononciation, il pensait que ce personnage doté d’un immense pouvoir et de l’argent plus qu’il n’en faut avait besoin de cette faiblesse. Une vulnérabilité face aux autres qui justifierait sa folie des grandeurs. Et lorsque Samuel L. Jackson donne son opinion, croyez-moi vous la prenez en compte. »

Mon avis sur le film sera publié dans les jours qui viennent mais je peux d’ores et déjà vous dire de vous ruer dans votre salle de ciné dès le 18 février prochain pour le découvrir.

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