Aujourd’hui, nous nous rendons au cœur du Parc Naturel du Vexin Français, à La Roche-Guyon.

Aucun train ne desservant la ville, nous emprunterons la ligne B du Baladobus à la gare routière qui jouxte le RER de Cergy-le-Haut. Le billet coûte seulement 4€ et est valable toute la journée. Une escapade à moindre coût puisque nous profitons du dézonage de notre pass Navigo sur le trajet Paris-Cergy (48 minutes). Après ½ heure de route, nous atteignons enfin la petite bourgade du Val-d’Oise située entre Vétheuil et Giverny.

Un site remarquable

Le long de la route de Gasny, nous remarquons d’abord les boves caractéristiques aux villages troglodytiques. Ces excavations creusées dans la falaise de craie mise à nu par les eaux diluviennes permettaient aux guyonnais de stocker les réserves de vin. De nos jours, elles servent de maison, de garage ou encore d’atelier. D’ici, nous surplombons à une centaine de mètres d’altitude la boucle de Moisson, un ample méandre de la Seine. La vue est magnifique.

En descendant vers le village, nous découvrons de vieilles demeures à colombages normands et l’hôpital destiné à accueillir des enfants démunis édifié par le comte Georges de La Rochefoucauld en 1854. Il est alors 12h, nous choisissons de pique-niquer au bord de l’eau sur la promenade Louis Guy (1926).

Il y avait une boulangerie, une supérette et quelques restaurants mais nous optons pour les sandwichs à 4€50 de la brasserie Le Relais du château, rue du Général Leclerc. Le pain provenant de la boulangerie, c’était impec !

Boves La Roche-Guyon



Promenade Louis Guy

Mille ans d’Histoire

Soudain, le ciel commence à s’assombrir. La pluie ne semblant pas être encore de la partie, nous poursuivons notre exploration.

Un grenier à sel créé par Louis XII (1504), une fontaine monumentale sculptée par Jamay (1742), une belle halle seigneuriale en pierre surmontée par le bâtiment de la mairie (1847), une paroisse du XVe siècle (L’Église Saint-Samson – 1404). Rapidement, nous comprenons pourquoi La Roche-Guyon fait partie des «Plus beaux villages de France».

Seule commune en Île-de-France à détenir ce label, elle a su effectivement préserver près de 1000 ans de civilisations. Ici, tous les styles architecturaux se côtoient sans fausse note et la cité nous propose un fascinant voyage dans le temps.

Fontaine La Roche-Guyon





Eglise Saint-Samson La Roche-Guyon

Le Potager-Fruitier

Notre balade nous ramène bientôt face au château, près du potager-fruitier qui borde la Seine (entrée gratuite).

Légumes, fruits, plantes aromatiques, fleurs ou encore ruches. Aménagé au XVIIIe siècle sur l’ordre du Duc Alexandre de La Rochefoucauld et restauré en 2004, ce Jardin Remarquable déploie sa géométrie impeccable sur trois hectares et demi.

Depuis 2007, le recours aux pesticides de synthèse a été complètement abandonné ce qui a permis à sa partie maraichère d’obtenir la certification AB. Selon la saison (de juillet à Octobre), la production est vendue chaque jour dans la boutique du château, tandis que les produits transformés (confitures, jus, soupes, compotes…) sont disponibles toute l’année.

Forcément, nous avons cédé à la tentation en achetant deux pots de confiture (Reinette blanche et Poire), une bouteille de jus de pommes et de la moutarde du Vexin. Aucun regret concernant ces achats si ce n’est que le jus de pommes est trop dilué et nettement moins bon que celui goûté dans Le Perche.

Château La Roche-Guyon



Le Château

Nous avons gardé le meilleur pour la fin. Propriété de la famille La Rochefoucauld, cette ancienne forteresse s’appuie sur la falaise depuis le Moyen-Âge. Dominée par un donjon féodal du XIIe siècle, son imposante silhouette s’est transformée au fil des siècles.

Dans la cour d’honneur, on peut ainsi voir que son entrée monumentale communique avec un château troglodyte, aujourd’hui détruit.

Jusqu’en 1987, ce château avait miraculeusement réussit à conserver la plus grande partie de son somptueux mobilier accumulé depuis trois siècles, y compris les onze mille volumes de sa bibliothèque, une des plus importantes bibliothèques privées de France. Depuis un incompréhensible démantèlement, les pièces du château sont malheureusement très dépouillées. On peut tout de même voir quelques belles pièces d’époque (bijoux, armes à feu, armes blanches…) dans des vitrines.

Après une enfilade de salons, nous apercevons par la fenêtre de la bibliothèque un troupeau de moutons visiblement pressé de s’en aller.

Nous traversons le cabinet de curiosités réalisé par Johnny Lebigot où l’on retrouve des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des fossiles ou encore d’autres supposées œuvres d’art.

Nous faisons ensuite une halte dans les chapelles troglodytes avant de nous diriger vers le donjon.







Cabinet curiosités La Roche-Guyon
Source La Roche-Guyon

Le Donjon

La dernière étape de notre visite va s’avérer nettement plus sportive. Nous empruntons un escalier souterrain en pierre, creusé à la fin du XIIe siècle.

Les premières marches nous amènent d’abord à un pigeonnier dont l’existence remonterait au XVIIe siècle. Cet endroit incroyable qui permet d’admirer la vue sur les toits du château comporte 1500 nichoirs où s’abritaient pigeons et colombes.

A partir de là, les choses se corsent car il faut gravir 250 marches gigantesques pour rejoindre le donjon. Toutefois, la vue panoramique qui nous est offerte une fois l’ascension de cet étroit boyau terminée mérite tous ces efforts. Là-haut, nous imaginons la vie des soldats et nous amusons des toilettes de fortune qui y sont aménagées.

Nous redescendons jusqu’aux casemates secrètement aménagées par le général allemand Erwin Rommel durant la Seconde Guerre Mondiale où se cache le Chronoscaphe, l’étrange machine temporelle imaginée par Edgar P. Jacobs dans le cadre d’une aventure de Blake et Mortimer (« Le Piège diabolique », 1960).


Pigeonnier La Roche-Guyon



Vue du donjon La Roche-Guyon

Véritable joyau naturel et historique du Vexin français, La Roche-Guyon a répondu à toutes nos attentes. Le Baladobus déposant ses clients près de l’office du tourisme, nous avons trouvé toute la documentation nécessaire à notre visite. Nous avons adoré nous promener dans cet environnement préservé qui s’inscrit dans un vaste amphithéâtre naturel aux reliefs escarpés. Un concentré de curiosités à petit prix, à moins d’une heure de Paris, qui ne nécessite pas de voiture. Qui dit mieux ?

© Crédits Photos – S H U N R I Z E.com

2 Réponses

  1. Guillaume de LR

    Bonjour,

    Dans votre texte, le nom de la famille « Propriété de la famille Rochefoucauld » n’est pas « Rochefoucauld », mais le « La »en fait partie lorsque la particule n’est que le « de ».

    Pourquoi « La Rochefoucauld » parce qu’autrefois un bref instant de l’Histoire, le nom fut ainsi formé « La Roche de Foucauld », « Foucauld » étant le prénom d’un aïeul… et « La Roche » signifiant le castel (situé en Charentes), par contraction les successeurs passèrent de « La Roche(de)Foucauld » à l’actuel « La Rochefoucauld ».

    Au passage « Foucauld » est la forme latinisée « Fucaldus » du prénom franc « Fuguald ».

    Pour le détail voir le Wikipedia :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_La_Rochefoucauld

    et sur l’homonymie et/ou toponymie :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rochefoucauld

    Berceau familial :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_La_Rochefoucauld

    et concernant celui pour lequel vous faites un reportage pittoresque et instructif :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_La_Roche-Guyon

    Merci.

    PS : le site Web indiqué (dans la signature) n’est pas le mien, mais celui du Parc Naturel Régional du Vexin français.

    • Val

      Merci pour ces précisions. Corrections faites !
      A bientôt 🙂