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Devenir mère à 44 ans : tout sur mon 4e trimestre

A 45 ans, me voilà co-responsable d’un bébé de 4 mois. Comment s’est passé l’accouchement en pleine période de Covid-19 ? Et nos premiers pas en tant que «jeunes» parents, ça donne quoi ? Flash-back !

Précédemment, je t’avais dit que l’ablation de plusieurs fibromes interstitiels dans mon utérus contre-indiquait la naissance par voie basse. N’ayant pas spécialement envie d’expérimenter la phase de désespérance d’un accouchement physiologique, cela me convenait. Initialement prévue le mercredi 16 juin, ma césarienne programmée a finalement lieu deux jours plus tôt.

Travail de nuit

Le 14 juin, 00h20. Au moment de se coucher, j’ai subitement mal au ventre. D’abord, je mets ces crampes sur le compte du burger ingurgité au dîner. D’ailleurs, un passage aux toilettes me conforte dans cette idée. Deux heures plus tard, la douleur revenant sans cesse à intervalle régulier, on conclut que ce n’est pas un souci de transit. L’hôpital Armand-Trousseau est à 10 minutes à pied. On choisit de s’y rendre en Zity*. Sur place, je suis prise en charge par une sage-femme qui m’annonce que le col de mon utérus est dilaté à 3 cm. Puis, elle installe le monitoring pour surveiller le cœur du bébé. Tout va bien ! Entre deux contractions, j’ai aussi droit à mon tout premier test PCR. Celui-ci s’avère négatif, je suis donc dispensée de masque. Bas de contention et blouse hospitalière, j’enfile ensuite mes habits de lumière pour le bloc obstétrical.

Une naissance éclair

Salle de césarienne. En pensant à nos fausses-couches, le stress m’assaille. Heureusement, je peux compter sur une équipe médicale bienveillante. Pose d’une perfusion, du tensiomètre et de la rachianesthésie. Faite entre deux contractions, celle-ci n’est pas douloureuse. Une fois l’injection réalisée, on met en place une sonde urinaire. Et tandis qu’un drap stérile est dressé pour cacher le champ opératoire, Alex vient enfin me soutenir. Consciente durant l’intervention, je “sens” que l’on trifouille mon ventre. Tout va très vite jusqu’au premier cri à 3h56. Après quoi, la sage-femme nous l’amène et propose d’immortaliser ce moment. En voyant sa petite tête fripée, une indescriptible plénitude m’envahit. Date anniversaire de la mort de ma mère, ce lundi n’était pourtant pas propice à la joie. Avec ses 3,380 kg et 49 cm d’amour, Chloé a définitivement changé la donne. Rassurée de la savoir avec son père et détendue par les plaisanteries du gynécologue de garde, je sombre durant la suture.

Les suites opératoires

Mon passage en salle de réveil dure une éternité. En effet, je peine à retrouver l’usage de mes jambes. Pire encore, je commence à vomir. Cependant, Alex et Chloé sont auprès de moi. Entre deux gerbes, il me raconte les premiers soins et son coupage du cordon ombilical. Ils sont si beaux ensemble ! Une fois ma mobilité retrouvée, on monte dans notre chambre. Jusqu’ici, je gérais bien les choses. Mais avec 75°C de température ambiante et un ventilateur de table pour se rafraîchir, mon mal-être passe au niveau supérieur. Alex ayant un lit, j’essaie de relativiser. En fin de journée, je peux me lever. On me retire alors la sonde urinaire. La douleur est supportable grâce aux traitements antalgiques. Toutefois, les vomissements et la chaleur m’ayant achevée, je ne peux toujours pas prendre Chloé dans mes bras. Repas, changes. Alex doit s’occuper d’elle durant les premières 48h. La frustration est là !

Le séjour à la maternité

Biberons toutes les 3 heures, soins, surveillance médicale, injections d’anticoagulants, ménage, repas. Nous avons peu de répit et sommes ravis que les visites soient interdites à cause de la Covid-19. J’ai choisi de ne pas allaiter. Les médicaments ne faisant pas effet, la montée de lait me fait atrocement mal. J’ai l’impression d’avoir des seins siliconés. Malgré la douleur et la chaleur éreintante, je reprends des forces. Dès lors, je fais enfin plus amples connaissance avec Chloé. On s’étonne d’avoir un bébé aussi calme. Avec mon ventre encore arrondi, j’ai du mal à réaliser qu’elle n’est plus ma colocataire. La sortie étant conditionnée à une prise de poids régulière, on a une petite frayeur le dernier jour. Mais tout fini par rentrer dans l’ordre.

Home sweet home

Vendredi 18 juin, 18h. Nous sommes de retour à la maison. Entre extrême fatigue, sensibilité émotionnelle exacerbée, saignements abondants, contractions utérines, cicatrisation douloureuse et hémorroïdes. Les jours qui suivent ne sont vraiment pas de tout repos. Seules consolations, on m’a ouvert l’abdomen au même endroit que la laparotomie et me voici plus mince qu’avant ma grossesse. Vidée de toute énergie, je suis à deux doigts de péter un plomb face aux pleurs de décharge du nouveau-né. On a beau savoir qu’on ne peut rien y faire. Difficile de ne pas remettre en question ses capacités parentales lorsque son enfant est inconsolable. Le burn out est évité en confiant, sans tabous, mes doutes à Alex. A ce moment-là, j’en viens même à remercier la pandémie qui prolonge sa présence à mes côtés grâce au télétravail.

Prisonniers de l’amour ?

Cet été, le variant Delta de la Covid-19 touche davantage les enfants. Plusieurs bébés sont hospitalisés en France. Bien que vaccinés, nous devons limiter les présentations. Un véritable crève-cœur ! Chloé ayant totalement bouleversé notre quotidien, on pourrait croire qu’avoir du temps pour soi est un luxe inaccessible. Assister à un match de basket ou à une projection de film. Désormais plus confiant, on arrive à se dégager du temps en s’occupant d’elle à tour de rôle. En septembre, Chloé doit faire sa rentrée dans une chouette mini-crèche privée. Pourtant, on se surprend à vouloir la garder jusqu’à son premier anniversaire. Devenir parents à l’âge d’être grands-parents nous fait vraisemblablement appréhender la vie différemment. On s’estime si chanceux de pouvoir voir ce petit rayon de soleil s’éveiller et grandir auprès de nous.

* Service d’autopartage du Grand Paris

Crédits Photo © Shunrize.com

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