A la recherche d’une rando champêtre proche de Paris ? Suis-nous sur le Sentier d’Orphin, un parcours de 25 km à travers le sud-ouest des Yvelines.

Gare SNCF Paris Montparnasse. Muni de notre pass Navigo, on prend le TER en direction de Chartres. 40 minutes plus tard, nous voici à Gazeran (Zone 5). La randonnée du jour va nous emmener au Parc du Château de Rambouillet, en passant par les jolies vallées de la Guéville et de la Drouette.

Départ : Gazeran, TER
Arrivée : Rambouillet, Ligne N ou TER
Durée estimée : 6h30
Distance estimée : 25,5 km
Balisage : blanc-rouge, jaune

GAZERAN

Incluse dans le massif forestier de Rambouillet, cette commune rurale est située à 50 km de Paris. A droite de sa gare, on suit le GR 655 Ouest qui utilise le tracé des anciens chemins de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. En empruntant la sente boisée à droite de la D 62, on aperçoit une tour escalier, vestige d’un Château fort. Puis, on débouche sur l’Église Saint Germain d’Auxerre (XIe siècle). Inscrite aux Monuments Historiques, elle jouxte un colombier datant du XVe siècle. On continue par la rue du Haut Gazeran où l’on trouve l’ancienne mairie, avant de longer les bois et de passer deux fois sous la voie ferrée.

SAINT-HILARION

Derrière les arbres qui bordent la Guéville, on entrevoit bientôt le Château de Voisins dont les jardins, dessinés par les paysagistes Henri et Achille Duchêne, sont classés au titre des monuments historiques. Construit au début du XXe siècle par l’architecte René Sergent, ce manoir servit notamment de lieu de tournage à HUNGER GAMES : LA RÉVOLTE et LES TUCHES 3. Pas de Donald Sutherland ni de Jean-Paul Rouve à l’horizon, on se contente alors des colverts, hérons et faisans qui peuplent ce domaine de chasse.
Le chemin de la Vallée par le Tertre prend fin à l’Étang communal. Creusé en 1936, on peut y pêcher ou profiter de ses tables de pique-nique. Non loin de là se dresse l’Église de Saint-Hilarion dont le clocher daterait du XIIe siècle.

Une fois au Hameau de la Bellanderie, note que le nouveau tracé du GR 655 ne passe plus par la rue du Fléau mais par le Chemin de la Vallée. On grimpe ensuite jusqu’à la passerelle SNCF pour emprunter le Chemin de la Carrière. Le soleil cognant fort dans les champs, on apprécie d’autant plus que cette rando soit souvent ombragée. Après 500 mètres sur la route d’Émancé, on retrouve d’ailleurs à nouveau à gauche un sentier arboré.

ÉMANCÉ

Nous voici en périphérie de l’Eure-et-Loire. Près de l’Étang de Guinegat, les muriers sont légion. On rase le bois des Cent-Arpents avant de retrouver le bitume de la rue de Gazeran. Au croisement avec le chemin de la Fossé Boulard, on peut voir une vielle pompe à eau. Elle fut installée au milieu du XIXe siècle pour éviter aux émancéens de se rendre à la source ou à la rivière. On poursuit à gauche sur la piste coincée entre le bois et un pré. La suite devient un peu plus sportive avec une descente au milieu des grès jusqu’à l’impasse du Gué.

On traverse la Drouette, affluent de la rive droite de l’Eure, pour suivre désormais le PR 6 (balise jaune). A gauche, à une centaine de mètres de là, on découvre un lavoir où squatte une grenouille peu farouche. Puis, on quitte la rue de la Fontaine aux Gravier en montant par le chemin à droite.

On arrive au hameau Sauvage par la rue de la Porte au Dry. Les kiwis semblent s’y plaire. On prend à droite la D 62, puis à gauche la rue Poyers qui contourne le Château Sauvage. Niché au bord de la Drouette, il a été construit en 1871 par Adrien Guespéreau, sur les fondations du château offert par Louis XIV à l’une de ses filles naturelles, Louise de Maison-Blanche. Fermé au public depuis 2017, il abrite un parc à l’anglaise de 40 hectares et une réserve zoologique fondée en 1973 par l’ornithologue René Jamous. C’est d’ici que viennent les wallabies implantés en Forêt de Rambouillet. En effet, certains d’entre eux se sont échappés à deux reprises, notamment durant la tempête de 1999. Et si on n’a pas vu de marsupiaux, les flamants des Caraïbes et les paons sont toujours autour de l’étang.

ORPHIN

A l’ouest du village d’Orphin, on débouche sur les anciennes carrières de Poyers. Entre 1894 et 1955, une société de La Ferté-sous-Jouarre exploita ici un banc de roche, utilisée pour faire des meules. A la Villa Léon, on prend à gauche et on monte jusqu’aux ruines d’une tour qui serait selon cette vieille carte postale de 1916, le tombeau de la famille Descartes.
A la lisière du Bois du Pavillon, on croise des champignons de toutes sortes.

Avant l’Usine Guerlain où sont produits les parfums depuis 1994, on traverse à droite la D 150. Rapidement, le chemin se fait à nouveau bucolique sur les rives de la Drouette. Derrière le lavoir communal se dresse l’Église Sainte-Morégonde qui date du XVIe siècle. Au pont de pierre, on prend à gauche.
Dans le Bois de Romaray, le Chemin Rural 1 est caillouteux et il y règne une atmosphère assez étrange avec ces lianes qui forment une arche au dessus de nos têtes.

ORCEMONT

Après un passage dans les champs, voilà un haras à proximité du village d’Orcemont. On aurait pu aller admirer «La Vierge des moissons» d’Eugène Delacroix au sein de l’Église Saint Eutrope située à 5 minutes de là, mais on préfère s’octroyer une petite pause grattouille de chevaux. En regardant aux alentours, on peine à imaginer que les ancêtres des orcemontois côtoyaient des ours.

En dépassant la mare des Beaux Champs, on tombe sur un panneau assez flippant qui indique la présence de vipères. Son venin toxique peut entrainer de fortes douleurs, un œdème, des vomissements, une diarrhée ou encore l’accélération du rythme cardiaque… Chouette programme en perspective ! Heureusement, à la Ferme de l’Étang Guillement, on est accueilli par de sympathiques moutons. Et en poursuivant à travers champs, on aperçoit aussi des lièvres. On préfère nettement ce genre de rencontres 😄

A la Ferme des Mandreuses, on file à gauche jusqu’à la Ferme d’Arbouville. On passe sous la voie ferrée, on prend la rue d’Arbouville qui mène à l’entrée du parc du Château de Rambouillet, avant de suivre une dernière fois le balisage du GR 655 (balise rouge) qui va à la Gare SNCF.

En dehors d’une montée un peu raide et de la pente dans les grès, il n’y avait pas de grosses difficultés sur ce parcours. Peu de passage sur des routes fréquentées, la découverte d’un haut-lieu de la biodiversité francilienne et de chouettes spots propices à la contemplation. Cette rando aux limites de l’Île-de-France nous a plu à tous les niveaux. Ici, l’équilibre entre bois et champs est plutôt harmonieux. Les vallées offrent ainsi de l’ombre grâce aux arbres et aux rivières, contrastant avec les étendues lumineuses des grandes cultures. Très appréciable lorsqu’il fait 30°c.

© Crédits Photos – S H U N R I Z E.com

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