Hier soir, le scénariste et producteur écossais Steven Moffat (SIX SEXY, JEKYLL, DR WHO) nous avait donné rendez-vous dans les locaux de France Télévisions pour nous présenter la deuxième saison de Sherlock, la série qu’il a co-écrit avec Mark Gatiss (THE LEAGUE OF GENTLEMEN). L’occasion de découvrir son premier épisode et d’en savoir un peu plus sur ce véritable phénomène. Notez que si vous étiez passés à côté de ce petit bijou télévisuel, vous pourrez toujours vous rattraper ce week-end. En effet, la saison 1 sera diffusée le samedi 18 février sur France 4.


Toute l’équipe de Sherlock lors de la cérémonie des BAFTA

Retour sur une série populaire

Comme je l’avais déjà souligné dans un précédent article, le célèbre détective né sous la plume de Sir Arthur Conan Doyle n’en finit pas d’inspirer les scénaristes. Ainsi, en juillet 2010, les britanniques découvraient les aventures Sherlock Holmes (Benedict Cumberbatch) et de son acolyte, le Dr Watson (Martin Freeman), transposées au XXIe siècle dans la mini-série SHERLOCK. Créée par Steven Moffat et Mark Gatiss qui se sont découvert une passion commune pour le célèbre détective, et composée de seulement 3 épisodes (« A Study In Pink – Une étude en rose », « The Blind Banker – Le banquier aveugle » et « The Great Game – Le grand jeu »), elle rencontre alors un succès énorme lors de sa diffusion sur la chaîne BBC One. Un incroyable engouement qui a poussé certains fans à créer toute une série d’affiches suggérant que Sherlock Holmes était bien réel :

« Oui j’ai bien vu les affiches ! C’est génial de voir ces photos, en plus c’est du marketing viral et gratuit dont nous n’avons pas à nous charger. Nous n’avions aucune idée de l’impact qu’allait avoir la série. On rigole en pensant aux gens qui n’ont pas vu la série mais qui voient les affiches et se disent Sherlock est basé sur la réalité ? Quoi ? Et James Bond aussi ?… »

Saluée par le public mais aussi par la critique, elle remporte ainsi de nombreux prix notamment le BAFTA 2011 (l’équivalent des Césars/Oscars britanniques) de la Meilleure série dramatique et celui du Meilleur acteur dans un second rôle pour Martin Freeman, l’interprète du Dr Watson. Et désormais une saison plus tard, le plébiscite se mesure à l’échelle internationale.

« Sherlock a toujours été très populaire à travers le monde, donc cela ne m’a pas surpris. Je suis très content et flatté mais ce n’est pas la première fois qu’il a du succès. Au même titre que James Bond, il fait partie de ces personnages qui nous donnent envie d’être anglais. Ce plébiscite, c’est la célébration d’un homme qui est une sorte d’excellent amateur. Et ce qui est excitant c’est que vous pouvez essayer de l’imiter. Cela dit, une bonne histoire reste une bonne histoire, et c’est quelque chose qui ne change pas d’un pays à l’autre. Les Russes et les Allemands sont complétement fous de Sherlock Holmes. »

Benedict Cumberbatch et Martin Freeman

Sherlock is back !

Nos deux charismatique héros sont donc de retour pour trois nouvelles adaptations des piliers de l’œuvre Holmésienne : « Un scandale à Buckingham » (tirée d’ « Un scandale en Bohème »), « Le chien des Baskerville » et « La Chute du Reichenbach » (inspirée de « Le problème final »). Trois épisodes de 90 minutes où le journal d’antan tenu par le Dr. Watson est remplacé par un blog, où les joutes verbales entre nos deux amis sont toujours aussi délectables et où l’esprit de déduction du célèbre détective n’a jamais été aussi bien mis en valeur dans une série télévisée. Mais si le mythe a été modernisé, Sherlock Holmes reste difficile à cerner et suscite toujours autant d’interrogations.

« Vous ne pouvez pas pénétrer l’esprit de Sherlock Holmes, tout simplement parce que c’est un personnage fictif… Mais c’est aussi ce qui fait la magie du personnage. On ne peut pas se mettre à sa place. On peut se mettre à la place de John Watson, mais Sherlock est incompréhensible. D’ailleurs, la majeure partie des œuvres de Sherlock Holmes sont présentées du point de vue de Watson. Il n’y a que deux histoires racontées du point de vue de Sherlock, et ce ne sont pas parmi les meilleures. »

Dans la première saison, nous faisions connaissance avec Watson et Sherlock. Dans ces trois épisodes, Holmes va cette fois-ci affronter trois grands ennemis : l’amour, la peur et la mort et Moriarty va également réaliser qu’il n’est pas insensible aux émotions. Quant à laisser planer le doute sur une éventuelle «bromance entre nos deux héros, comme a pu le faire Guy Richie dans son adaptation, ici, elle est totalement écartée dès le premier épisode.

« Watson et Holmes ne peuvent pas être gay. C’est un fait définitif, toutes les petites amies de John vous le diront ! Sherlock n’est pas vraiment intéressé par le sexe. Pour lui, le sexe, c’est la pensée, c’est réfléchir. Je crois que Sherlock est… « Sherlock sexual ». Ils ne sont pas gay et John l’affirme d’ailleurs haut et fort. »

Sherlock face à Moriarty

Le côté obscur de Sherlock

Si les personnages de Watson et Holmes sont basés sur l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, celui de Moriarty semble s’en détacher.

« Tous les méchants des films d’espionnages sont des copies, bien souvent en pire, de ce personnage, comme par exemple Auric Goldfinger dans le James Bond éponyme. Donc si nous avions essayé de reproduire le Moriarty des livres, nous aurions enchaîné les clichés. Nous avons voulu créer un autre Moriarty, qui soit beaucoup plus psychopathe. Pour cela, nous avons beaucoup travaillé avec Andrew Scott, qui incarne le personnage. Moriarty n’était pas censé être présent dans le dernier épisode de la saison 1, « The Great Game », mais l’interprétation d’Andrew était tellement parfaite que nous avons décidé de lui donner plus de place. C’est ce qui a donné la scène de la piscine, à la fin de la saison 1, qui n’existait pas à l’origine. Cela nous a permis de mettre en avant sa folie. explique Moffat. Mais, Moriarty n’est pas le seul a brigué par la place de meilleur ennemi de Sherlock. En effet, dans les œuvres de Sir Arthur Conan Doyle, il y aussi Sebastian Moran. Nous savons qu’il est là quelque part. Nous n’avons pas à raconter l’histoire dans le même ordre que les livres donc il sera peut-être, ou peut-être pas dans la troisième saison. »

Moffat face aux adaptations

Après SKINS et BEING HUMAN, les américains continuent de s’intéresser aux séries britanniques. En effet, la chaîne CBS a annoncé l’avènement d’ ELEMENTARY, une adaptation de Sherlock Holmes pour la rentrée prochaine. Le rôle-titre aurait été attribué à Jonny Lee Miller (ELIE STONE) et l’action se déroulera à New-York de nos jours. Et si durant le débat, Steven Moffat ne fut pas très loquace en nous assénant un « No comment », il faudra se tourner vers son compte Twitter pour constater qu’il s’y intéresse :

« Chère CBS. Une version moderne de Sherlock Holmes ? Où, mais alors où avez-vous eu cette idée ? Nous garderons l’œil ouvert ! »

Quant à l’adaptation cinématographique de Guy Richie, il se contentera de nous parler du premier opus.

« Lorsque j’ai vu la bande annonce du premier film, je pensais que j’allais détester. Je trouvais que ça allait trop loin, que c’était trop éloigné de l’œuvre originale. Mais j’ai finalement beaucoup aimé le film. Je crois que si Hollywood devait adapter Sherlock Holmes au cinéma, c’est ce qu’il fallait faire. »

Que vaut le premier épisode de la saison 2 ?

Inventive, brillamment interprétée. « Un scandale à Buckingham » confirme tout le bien que je pensais déjà de cette série britannique. C’est donc avec une certaine impatience que j’attends la suite. Et pour les fans de la série, sachez que vous pouvez d’ors et déjà vous procurer le double DVD et le Blu-ray Saison 1 de SHERLOCK. Concernant la saison 2, elle sera diffusée le 21 mars prochain sur France 4 à 20h35 et sortira en double DVD et Blu-ray en exclusivité FNAC le 24 avril prochain.

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