Il y a des gens comme ça qui ont le don de vous énerver, ils entreprennent et réussissent des choses avec une facilité déconcertante, comme par exemple réaliser une œuvre multimédia plutôt réussie en ayant  » la doc Flash sur les genoux « . L’interview de cette fin de semaine est consacrée à une personne de cet acabit, un jeune webdesigner parisien dont le talent a été reconnu à maintes reprises par ses pairs : Pierrick Calvez.

Pourrais-tu te présenter et décrire ton parcours ?

Pierrick, 33 ans, je suis D.A. indépendant. J’ai commencé à travailler à mon compte il y a quelques années, après une formation académique aux Beaux-Arts et un passage en agence, qui m’aura appris les bases du métier.

Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer ?

J’ai appris le graphisme sur le tard. Mes premiers émois ne vinrent pas du graphisme imprimé mais de l’écran. Cela a commencé je pense à l’époque des Demomakers sur Amiga et de Atari ST. C’était un art délirant, psychédélique, qui m’a longtemps fasciné. Quelques années plus tard j’ai entamé une formation artistique, qui m’a ouvert aux arts plastiques et à la photographie. Je n’étais pas du tout au fait de ce qui se faisait sur le web à l’époque. Le hasard m’a emmené à débuter ma carrière dans une agence web en 2000. C’est là que j’ai découvert Once Upon a Forest, Hungryfordesign, Dextro, Volume One… des noms qui doivent dire quelque chose à ceux qui ont connu cette période bénie des sites web expérimentaux. Pour moi ce fut une révélation.

Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à créer ton propre studio ?

Je me suis mis en indépendant tout de suite après mon expérience en agence. Il me tardait de produire mes propres sites. Le montage et l’animation étaient accessibles aux graphistes grâce aux logiciels d’Authoring comme Flash. Alors j’ai créé 1h05.com et ai commencé ma première réalisation Days in a day, la doc Flash sur les genoux.


L’une de ces dernière réalisation http://www.rpure.net/

Sous quel environnement travailles-tu et avec quels logiciels ?

Je travaille de façon très classique avec Photoshop, sur Mac. J’ai énormément utilisé Flash, c’était le seul outil par lequel je pouvais tout réaliser moi-même. Aujourd’hui je reviens aux fondamentaux, je me concentre sur la conception et le design, et travaille en collaboration avec des développeurs. Graphisme et développement sont étroitement liés, c’est ce qui fait la particularité du métier.

Est-ce que tu écoutes de la musique en travaillant ?

Non, j’écoute des podcasts. Sur tout et n’importe quoi! C’est extrêmement déconcentrant, j’en perds souvent la moitié, mais j’aime bien.

Tu as remporté pas mal de prix pour ton travail, quel est celui dont tu es le plus fier ?

J’aurais pu dire le FlashForward à New York, mais je n’y étais pas. Non vraiment celui qui me remplit de fierté c’est le premier, au FlashFestival à Paris pour « Days in a Day ». Celui-là est sacré.


Extraits de son site Days in a Day

Et sinon parmi toutes tes réalisations, laquelle a ta préférence ?

C’est souvent la dernière sortie.

Quels sont les graphistes dont tu apprécies le travail ?

Je pourrais te citer des dizaines de portfolios de graphistes, il en sort tous les jours. Maintenant, le métier avançant, je m’aperçois qu’il y en a peu qui restent intéressants sur la durée. Ce sont eux dont j’apprécie le travail.

J’ai vu sur ton Twitter que tu avais été accroc à pas mal de jeux dans les années 90 (Another World, Flashback, Turrican, Prince of Persia…). Joues-tu encore aujourd’hui ?

J’ai fait cette petite énumération de 90 à 2000 en essayant de me rappeler pourquoi c’était de bons jeux vidéo. Si j’avais continué la liste jusqu’à aujourd’hui, j’aurais ajouté Shadow of the Colossus ou Braid. Ce sont des jeux-récits, avec une intention d’auteur très marquée.


Échantillon des réalisations web de Pierrick Calvez

Quels genres de sites fréquentes-tu régulièrement ?

Je fréquente très régulièrement Google Maps. Dès que j’ai une adresse, je dois aller la vérifier. Je sillonne Tokyo ou New-York de long en large. Ce site me fascine.

Ton dernier kiff ?

Paris l’été, le soleil et les terrasses !

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