Nul doute qu’après avoir écouté ce morceau, vous souhaitiez en savoir davantage sur l’auteure de cette chanson. Belle, délicate et dotée d’une vraie signature vocale comme on en trouve peu, Mâa est incontestablement une artiste à suivre. Découverte il y a près de deux ans, je m’étonnais qu’un label n’ai pas encore eu l’idée de la prendre sous son aile. Mais, à 33 ans, il semblerait que l’industrie musicale se soit réveillée et que de grands labels s’intéressent enfin à cette chanteuse, auteure et compositeur.

Tes premiers pas dans la musique ?

C’est venu instinctivement. Je chantais tous les jours par simple plaisir, et le chant était pour moi une discipline, sans que je puisse me l’expliquer et avant même que je décide d’en faire quelque chose ou que je réalise que j’avais un potentiel. C’est un ami proche qui m’entendant un jour m’a dit « mais pourquoi ne serais-tu pas chanteuse? » Sans vraiment prendre cela au sérieux, j’ai par hasard rencontré un rappeur qui cherchait une choriste, j’ai osé, et c’était parti pour de nombreux déboires musicaux !

Tes premières émotions fortes en musique ?

Je pense que les deux sont directement liées. Je pense que tout cela trouve sa source dans les souvenirs d’enfance, une sorte de culture inconsciente : une berceuse que me chantait ma maman, justement un Henri Salvador, aux disques que se mettait ma grand-mère (Harry Belafonte, Louis Armstrong, Nicoletta…), un père qui écoutait Marvin Gaye, Stevie Wonder, Myriam Makeba. Une mère fervente de Bob Marley et Sade, un beau-père qui faisait tourner en boucle du Elvis Presley ou Brenda Lee… Moi je me suis nourrie de la pop que j’entendais à la radio. J’ai aimé Madonna, ai été hystérique sur du NKOTB ou Mickaël Jackson, voulu être Whitney, pour m’orienter vers ma musique de coeur, le Hip Hop. Mais aujourd’hui quand je m’écoute chanter, je reconnais un brin des choses que j’entendais étant enfant.

Les rencontres qui ont marqué ton parcours et t’ont permis d’avancer ?

Ce n’est pas une rencontre en particulier, la vie de chanteuse est semée d’embûches et les différents échecs ou déceptions humaines dans la musique sont des choses qui vous construisent ou vous découragent mais l’envie et l’obsession de faire de la musique reprend toujours le dessus. Je vis avec un artiste et baigner dans une ambiance de création artistique en permanence est très motivante et épanouissante, alors sans doute est-ce la rencontre qui a comptée…

Est-ce important pour toi d’avoir une main mise sur chaque étape de création ?

C’est important dans la mesure où quand une chanson prend forme dans ma tête sous forme de mélodie vocale d’abord, elle est toujours accompagnée de l’univers musical qui va avec. Je sais déjà exactement quels instruments j’aimerais voir intervenir. Alors même si je travaille avec des co-compositeurs et musiciens très à l’écoute, car je n’ai pas eu la chance d’apprendre le solfège ou de jouer d’ un instrument, j’aime être présente à chaque étape de la création d’un morceau car il est important que l’univers de mon imaginaire musical soit bien retranscris. Ma musique est mon identité.

Comment qualifierais-tu ta musique ?

Je ne pense pas appartenir à un style particulier et j’ai beaucoup de mal à définir ma musique. C’est un mélange de moi, qui suis moi-même un mix de cultures, moi et mes influences Pop, Soul, Rythm’n Blues, Afro, Jazz, Hip Hop à doses différentes, mais toujours de manière instinctive.

Tes chansons sont en anglais, pourquoi ce choix ?

L’anglais est la langue maternelle de la musique qui me donne des émotions, la mythique musique noire américaine. C’est donc tout naturellement que lorsqu’une mélodie prend forme dans mon esprit, les mots sonnent tout naturellement en anglais. J’ai cependant dans mon répertoire quelques chansons écrites en français. Le français est pour moi une langue très riche qui m’a donné beaucoup d’émotions littéraires. Avant de me tourner vers la musique, je me destinais d’ailleurs à une carrière journalistique pour laquelle j’avais entrepris des études. Je rêve d’écrire et de voir publier un jour un roman en français.

Que penses-tu de la scène musicale soul/R’nB/Hip Hop française ?

Je vis un peu en ermite par rapport à tout cela. Cependant, je pense qu’il y a en France de véritables talents et un potentiel vocal certain. Il est dommage que le courant Soul français ne se voit pas offrir la chance de s’épanouir et d’être plus entendu du grand public. Pour ce qui est du rap qui est un peu plus présent sur les ondes, je déplore qu’il n’ait la place en radio et en clip que pour un certain type de rap, trop stéréotypé à mon goût car c’est une musique qui peut aussi être très diverse et riche musicalement et « lyricalement » aussi. Les poètes ne sont pas que dans le Slam!!!

Ton plus beau souvenir de scène ?

Je n’ai pas eu l’occasion encore de faire beaucoup de scènes, la question est donc facile : il s’agit de mon dernier concert au China club, au printemps dernier. C’était la première fois que je présentais sur une scène avec de vrais musiciens, des chansons que j’avais écrites. Voir les gens réagir sur votre musique est très fort et très émouvant.

Tes morceaux du moment ?

En ce moment, ne trouvant plus mon compte dans le R’nB actuel, je me plonge dans les Oldies. je redécouvre les classiques du Jazz, Rockn’roll et Soul. J’aime aussi beaucoup Asa, Madjo, Zee Avi, Mélodie Gardot, Adèle, Morcheeba mais aussi Theophilus London dans un autre genre.

Quel lien entretiens-tu avec tes racines africaines ?

Bien que née en France, j’y ai vécu mes premières années au Sénégal. Quand j’en suis revenue à l’âge de 3 ans, je ne parlais que le Wolof ! J’y suis retournée quelques années plus tard et y ait passé mon adolescence. J’en ai d’inoubliables souvenirs. Toute ma famille paternelle s’y trouve et même si cela fait de nombreuses années que je n’ai eu la possibilité d’y aller, le pays, ses coutumes,ses valeurs, ses odeurs sont imprimés en moi. Je sens vraiment le besoin d’y retourner m’y ressourcer!

Tes prochaines actus ?

Actuellement, je termine la préparation de mon premier album. Si tout se passe bien, il y aura d’abord un EP, puis bien sur des lives mais pour l’instant le calendrier n’est pas encore défini. Il y a encore beaucoup de choses à construire comme la recherche d’un label de prod’!

Le mot de la fin

Je m’émerveille chaque jour de voir que ma musique plait et peut toucher des gens d’horizons très différents. J’ai vraiment hâte de commencer l’aventure sur scène afin de les rencontrer et d’y retrouver les excellents musiciens qui m’ont soutenus depuis le début de cette aventure.

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