Il y a des films que vous allez voir par curiosité mais qui de prime abord ne vous intéressent pas plus que cela. Un documentaire sur la guerre, mouarf ! Et pourtant, après avoir vu ARMADILLO, je n’arrête pas de me dire que je serais vraiment passée à côté de quelque chose. Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2010, ARMADILLO est bien plus qu’un simple documentaire et peut s’enorgueillir de rivaliser avec le film de Kathryn Bigelow, DÉMINEURS. Janus Metz, son réalisateur n’a pas hésité à mettre sa vie en danger pour nous ramener ses images époustouflantes. La semaine dernière, j’ai eu le privilège de le rencontrer avec quelques blogueurs avant son marathon avec la presse parisienne dans les locaux de DistriB Films et il s’est prêté avec beaucoup de générosité au jeu de l’interview.


Avez-vous eu des difficultés particulières pour obtenir les autorisations pour filmer sur le front ? Je pense notamment à la fameuse scène de fusillade près de la fosse où se cachaient des Talibans.

Ce sont les deux producteurs du film, Ronnie Fridthjof et Sarah Sockmann qui ont négocié les autorisations, un an avant que je soit nommé réalisateur d’ARMADILLO. La vraie question à se poser c’est plutôt pourquoi les militaires ont-ils accepté que nous tournions ? A mon avis, la principale raison était qu’ils souhaitaient se montrer comme une organisation moderne en nous laissant filmer ce qu’est vraiment d’être sur le front. Nous les avons prévenu que nous ne voulions pas faire de la propagande mais explorer ce qu’est un soldat qui fait la guerre en Afghanistan, parler de la nature du conflit et c’est peut-être cela qui les a influencé. Le fait qu’eux et les politiques qui prônaient cette guerre n’avaient pas la même vision de la guerre. L’armée est tellement persuadée de faire du bon boulot, d’accomplir une mission, d’être un héros, que cela ne leur serait même pas venu à l’esprit qu’on puisse les filmer avec d’autres intentions. Cela dit, nous avons eu de la chance parce qu’entre le moment où on nous a autorisé l’accès et le moment où nous avons commencé à filmer, la situation avait changé en Afghanistan. C’était devenu beaucoup plus violent. Au début, on nous a accordé une permission de trois semaines de tournage. Nous avons dû régler tout cela avec des capitaines, des commandants, des majors, tout a été une question de confiance. Il fallait faire en sorte d’inspirer confiance à l’armée. Plus, nous passions de temps là-bas, plus les soldats avaient confiance en nous parce qu’ils voyaient que nous les prenions au sérieux, que nous aussi nous prenions des risques en sortant avec des patrouilles.
En revanche, quand nous avons tourné la scène dans la fosse, là, cela a posé problème. Certains voulaient faire stopper le tournage, ils ont essayé d’effacer certaines scènes. Du coup, pendant 4 ou 5 jours, nous n’avons plus eu le droit de tourner. Nous avons fait sortir certaines images du pays en cachette. A l’origine, l’accord que nous avions signé donnait le droit à l’armée de couper certains plans ou certaines séquences. Ils disaient que le but était de protéger les opérations et les vies des soldats, que c’était une question de sécurité nationale. Ils avaient peur que certains détails techniques soient dévoilés, que ça tourne à l’avantage de l’ennemi et que certaines informations secrètes soient révélées. Mais, nous ne pensions pas vraiment pas avoir ce genre d’images en boîte. Je me demande d’ailleurs si l’armée voulait vraiment faire arrêter le tournage.
6 mois avant la sortie du documentaire, plusieurs scandales ont éclaté. Un soldat des Forces Spéciales a sorti un livre sur la guerre et l’armée a essayé d’empêcher sa sortie, mais il est sorti… Tout ça pour dire que l’armée n’était pas super crédible à ce moment là et que le public ne leur faisait pas franchement confiance. S’ils avaient arrêté le film, cela aurait été un scandale de plus. En même temps, même si c’était dur à gérer pour l’armée, ARMADILLO n’accuse personne et ne dénonce pas la guerre à proprement parler. C’est plus sur le chaos, la brutalité de la guerre, comment elle change les gens et sur les difficultés de la situation en Afghanistan. Donc, c’était délicat pour l’armée d’intervenir. Après, certaines personnes ont vu le film, dont Le festival de Cannes. A la limite, ils auraient pu empêcher le film de sortir au Danemark, mais c’est tout. Dans tous les cas, ils ont dû avoir une certaine pression lorsque le film est sorti mais ils ont préféré dire qu’ARMADILLO leur plaisait, dire officiellement qu’ils étaient d’accord avec ce que le film montrait.


ARMADILLO a-t-il été vu au Danemark ?

Avant ARMADILLO, la plupart des Danois était plutôt pour la guerre, personne ne remettait vraiment l’armée, ni la guerre en question et c’est aussi un peu ce qui m’a motivé à le tourner. ARMADILLO a été un choc, il a suscité des débats, des questions. Le Ministre de la Défense Danoise y a fait souvent référence (toujours d’ailleurs), on fait même référence à ARMADILLO dans des articles de journaux traitant de la guerre en Afghanistan, ils disent ; « comme on le voit dans ARMADILLO, bla bla… » Il est censé passer à la TV en janvier sur la chaîne danoise qui a co-financé le tournage. D’ailleurs, la chaîne a réussi à persuader les leaders des partis politiques danois à se réunir et à débattre d’ARMADILLO. Comme quoi, il y a bien eu un impact ! Même si je voulais surtout me pencher sur la violence, le bien contre le mal, cette vision-là de la guerre, je suis content que ça crée un tel débat parce que c’était quand même une de mes motivations pour faire le documentaire.

Fiction ou réalité ? ARMADILLO par bien des aspects répond aux codes du cinéma et ne ressemble pas vraiment à un documentaire, était-ce une volonté de votre part ?

Le film utilise plusieurs modes de représentation : des scènes épiques et des scènes à proprement dites de documentaire. Je voulais faire un « documentaire de l’esprit », filmer l’aspect psychologique de la guerre. En même temps, j’ai fait des séquences très réalistes, qui donnent l’impression d’être sur un jeu vidéo pour montrer comment le soldat réagit en plein combat. Les jeunes soldats que j’ai rencontrés avaient une image un peu idéaliste de la guerre, un espèce de fantasme : ils se voyaient comme des personnages de films de guerre. Dès lors, je voulais montrer le rapport qu’ont ceux qui sont personnellement engagés dans la guerre avec la réalité, puis le juxtaposer avec quelque chose de très brut comme la fameuse scène de la fosse où ils exécutent des gens. Le But, c’était de produire une réflexion cinématique sur la façon dont les soldats se voient, comment ils considèrent ce qu’ils font tout en réfléchissant à la façon de montrer cela à des spectateurs qui ne sont pas eux-mêmes sur le terrain. Une telle approche, c’est faire du cinéma poétique, ce n’est pas faire un documentaire conventionnel. C’est un « documentaire de l’esprit », un documentaire de l’atmosphère, de l’ambiance. Pour créer ce mélange des genres, nous avons à la fois utilisé un équipement traditionnel (grosses caméras, matériels encombrants…) et des caméras portatives pour la caméra à l’épaule etc… Du coup, cela nous a permis de tourner des scènes épiques, des scènes presque tirées de la mythologie. Des jeunes gens qui quittent leurs pays et partent à l’aventure qui vont devoir affronter des épreuves et passer par la désillusion. C’est l’histoire d’un rite de passage, du passage à l’âge adulte, à la maturité masculine : la base d’une histoire classique quoi ! ARMADILLO n’est donc pas un film politique sur la guerre, mais une œuvre qui a une portée plus universelle : c’est nettement plus profond !


Parlez-nous de Mads et Daniel, les deux « héros » d’ARMADILLO

On m’a souvent dit que les deux soldats que j’avais choisi de suivre étaient les deux pires exemples possibles. En fait, ils ont été choisis par l’armée, pas par moi. Je voulais filmer un escadron de dix soldats qui part pour l’Afghanistan pour la première fois. Je voulais filmer des soldats venant de différents corps de combat. Mais une unité a été désignée. Il y en a un d’ailleurs qui a refusé d’être filmé. Mais, l’histoire de Mads et Daniel me tenais à cœur parce qu’ils sont complètement différents. Mads est un mec au grand cœur, il est ouvert d’esprit, c’est un idéaliste, un peu le gentil garçon à sa maman. Daniel, lui, c’est le leader, il est très sombre, cynique, pragmatique mais charmant, presque excité par toute cette adrénaline. C’est l’homme que Mads veut devenir. C’est un rapport protagoniste/antagoniste classique. Mais si Mads ne se rebelle pas contre la nature de Daniel, si il ne garde pas son intégrité, alors il est perdu. C’était symbolique de ce que l’armée peut te faire, en quoi ça peut te transformer : une énergie négative manipulée par une machine aussi impitoyable que l’armée. C’était aussi classique d’avoir un rapport de dualité pareil, comme un rapport manichéen, le bien/le mal. C’était important de voir si le bien pouvait subsister et ne pas se laisser corrompre par le mal. Mads est un peu comme le Danemark dans ce conflit : un petit gars qui veut faire équipe avec les vrais durs, celui qui se laisse embarquer et qui perd son innocence dans cette guerre. J’aurais voulu que Mads change d’avis et d’attitude, mais il ne l’a pas fait.

Qu’avez-vous pensé de DÉMINEURS ?

J’ai bien aimé le film de Kathryn Bigelow, c’est un film très réaliste. Mais il manque ce que l’on ressent en tant que soldat. Elle parle peut-être trop de l’excitation des soldats, l’adrénaline, mais pas vraiment de ce qu’ils ressentent ou comment ils se considèrent. Les films, les fictions sont très puissants mais je trouve plus intéressant de dépeindre la réalité à travers le documentaire. J’ai peut-être pris trop de risques, je me suis peut-être montré un peu inconscient. Lars Skree (NDLR : son directeur photo) et moi avons sûrement eu de la chance de ne pas être grièvement blessé parce que nous nous sommes retrouvés dans des situations dangereuses. J’ai parfois hésité parce que j’avais peur d’aller sur le terrain mais je me suis donné du courage car quand tu as commencé quelque chose, tu dois continuer et le finir. C’est sûrement ce que se disent beaucoup de soldats : qu’ils doivent se montrer courageux et finir ce qu’ils ont commencé. D’autres devaient aussi vraiment avoir foi en ce qu’ils faisaient pour pouvoir risquer leurs vies. En Afghanistan, certains ne se rendent même pas compte de ce qu’ils font, des vies qu’ils ont prises. Peut-être que ça ne les empêchera pas de reprendre le cours normal de leur vie une fois rentrés chez eux. Qu’est ce que ça veut dire «se battre pour son pays ?» Jusqu’où on peut aller, à quel point ça va vous affecter ? Est-ce que c’est ça être civilisé ? C’est le genre de questions qu’on se pose justement en regardant de grands films de guerre comme APOCALYPSE NOW. Peu importe le conflit, les pays impliqués, c’est toujours la même chose. En même temps, il faut être conscient que la violence est quelque chose qui a toujours attiré les gens au cinéma, dans l’Histoire… Que des personnes frôlent la mort, cela a toujours fasciné le public. Depuis, la Première Guerre Mondiale, on a toujours glorifié ceux qui ont fait la guerre : c’était des héros.


Vous avez donc risqué votre vie pour tourner ARMADILLO, est-ce que cela a changé votre façon d’appréhender la vie ?

Aller là-bas m’a bien fait réaliser dans quel monde je vivais. Ça m’a fait réaliser à quel point la nature humaine peut être dangereuse, menaçante, que les hommes peuvent être très violents. On se sent peut-être en sécurité à Paris ou Copenhague, mais ça pourrait arriver n’importe où. C’est dans des endroits comme ça qu’on se rend compte à quel point les amis et la famille sont importants. Des petites choses de la vie de tous les jours nous paraissent vraiment plus importantes.

Les films hollywoodiens s’inspirent de plus en plus du style propre au documentaire, que pensez-vous de cela ?

Dans quinze ans, cela sera encore plus dur de distinguer les films de fiction et les films documentaires. Internet contribue aussi à brouiller la séparation entre les deux, d’ailleurs. Ce qu’on pense être la réalité, de toute façon, ce n’est que notre vision, notre représentation de la réalité. Tout dépend de la réaction du public. ARMADILLO est stylisé parce que le but était de se pencher sur la psychologie, sur des thèmes universels, ce n’était pas juste filmer la violence à l’état pur, ce n’est pas de la violence gratuite.

Justement, à ce propos avez-vous dirigé les militaires, les avez-vous mis en scène ?

Il faut savoir ce qu’on veut avoir à l’image, ce que l’on veut montrer. L’image qu’on veut donner des soldats par exemple parce qu’on sait que suivant la façon dont on va les filmer, la réaction du public, leur façon de les regarder, de les juger sera différente. Nous avons pu tirer avantage de certaines scènes, celles où les soldats sautent dans l’eau par exemple. C’était à la fois réel et en même temps, on peut l’interpréter métaphoriquement. L’eau est quelque chose qui purifie, qui te transforme. Ces jeunes qui étaient protégés chez eux, sautent dans l’eau, là-bas, ils ne sont plus ceux qu’ils étaient chez eux, ils ne sont plus que des bouts du décor Afghan. Mais comment filmer ces jeunes qui se baignent ? Faire un premier plan épique était une façon de les mettre en scène. Mais en même temps, il fallait des gros plans pour montrer à quoi ils avaient été exposés. Nous avons passé 3 mois et demi dans ce camp, nous avons eu largement le temps de penser à comment mettre en scène certaines choses. En même temps, la présence de la caméra a également modifié certains comportements. Devant la caméra, les soldats parlaient moins de l’ennemi qui pouvait être à l’extérieur du camp, qui était peut-être en train de guetter. Ils abordaient des sujets beaucoup plus anodins comme le repas du soir. Donc, même involontairement, il y a une certaine mise en scène dû à la présence de la caméra.


Avez-vous planifié ce que vous deviez filmer ou l’histoire d’ARMADILLO s’est-elle construite au montage ?

Quand je regarde des documentaires, je trouve souvent qu’on ne sent pas la volonté du réalisateur derrière la caméra, on ne sent pas qu’il veut vraiment raconter une histoire et la raconter à travers sa caméra. Filmer un documentaire, c’est aussi compter sur la chance. Il faut être capable de se dire, ça, c’est un moment/une discussion/ un geste que je dois filmer, c’est important. On peut arriver à capturer une séquence qu’on était même pas censé voir. Un exemple, la scène dans la chambre où les soldats se demandent : on y va/ on y va pas ? Pendant qu’on filme, on pense à ce que cela va représenter au milieu d’autres scènes, quel impact cela va avoir à tel ou tel moment du documentaire, après avoir montré tel ou tel aspect du conflit ou d’une personne. Un autre exemple, Mads a besoin d’appeler sa mère. Je sais que je le filmerais à ce moment là car c’est important pour la manière dont on va voir son personnage, je veux filmer cette discussion. Mais en même temps, on doit être juste avec les gens et les prévenir qu’ils sont filmés et enregistrés. Les soldats ne parlent jamais directement à la caméra parce que naturellement, ils évitent de montrer leurs émotions, ils évitent de se poser des questions et peut-être que ça leur serait venu en fixant la caméra. Quand ils parlaient en fixant la caméra, c’était moins sincère. Et puis c’était plus intéressant de les voir se parler entre eux qu’à quelqu’un d’extérieur : c’était plus réel. La caméra était plus censée être un témoin, elle les rendait plus crédible quand ils ne s’en souciaient pas. Nous avons tellement de rushs qu’un bonus d’une heure devrait être présent sur l’édition DVD. Un passage sur leurs entraînements et des images d’un jeune avec qui j’ai beaucoup discuté, qui était terrorisé et qui faisait peur aux autres. Il a fini par quitter l’Afghanistan mais pour lui c’était vraiment une honte, un échec.

Êtes-vous resté en contact avec les militaires ?

J’ai toujours des contacts avec certains soldats, on s’appelle. Ils sont contents de la sortie du DVD même si la première fois qu’ils ont vu le film, ils ne l’ont pas bien pris. Ils avaient peur d’être jugés en cour martiale par exemple notamment pour l’incident de la fosse. On voit dans le documentaire un soldat qui raconte ce qui s’est passé et qui sonne comme une exécution. Même s’il y a eu une enquête, dans le film il n’y a pas de preuve qu’il s’agit effectivement d’une exécution. Il n’y a que trois soldats qui savent exactement ce qui s’est passé mais ils ne diront jamais rien. Les soldats ont quand même eu peur que ça leur retombe dessus. Ils m’ont accusé d’en avoir trop filmé et montré. Mais maintenant ça va mieux. Par exemple, celui qui est responsable de la mort de la petite fille. Lui, il a besoin de pouvoir discuter avec quelqu’un qui est à «l’extérieur». Aujourd’hui, il profite de l’aide de psychiatres, d’un prêtre et même de l’armée mais a aussi gardé contact avec le réalisateur.


Quelle est l’opinion des Danois vis-à-vis de la guerre en Afghanistan ?

Les Danois s’intéressent plus à cette guerre que les Français parce que c’est leur argent qui est dépensé et que ce sont leurs amis et des membres de leurs familles qui reviennent dans des sacs mortuaires. Mais ils ne doivent pas vraiment se soucier de ce qui se passe là-bas. Les Talibans servent sûrement d’excuse, de prétexte pour cette guerre. De toute façon, quand la guerre sera finie et que les militaires se seront retirés, il y aura sûrement une guerre civile et des civils seront encore tués, c’est juste une question de pouvoir. Les vraies victimes sont les Afghans. Les soldats qui sont blessés ou tués sont victimisés mais les vraies victimes sont les Afghans, ce sont eux qui subissent le plus de pertes humaines et qui souffrent de l’invasion… Les Occidentaux sont assez arrogants pour se faire passer pour des victimes et décider de ce à quoi l’Orient doit ressembler. C’est une question d’intégration, de migration, c’est d’ailleurs le même problème en France. Même si nous ne sommes pas en guerre, l’immigration en France est un problème qui fait ressortir les clashs culturels entre Orient et Occident.

Comment voyez-vous le futur en Afghanistan ?

J’espère qu’ils pourront tous bientôt rentrer chez eux parce que l’armée ne pourra jamais contrôler la situation en Afghanistan de toute façon. Leur présence est inutile. C’est une situation de guerre civile et la guerre civile est inévitable de toute façon. Quand les politiques parlent des forces armées et leur souhait de stabiliser le pays, cela me parait complètement hypocrite et infaisable.

Merci à DistriB Films et à Virginie Garrel

A propos de l'auteur

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