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Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et co-réalisatrice de La vie de Château

Cinéma en prises de vues réelles, télévision, web ou encore réalité virtuelle, Clémence Madeleine-Perdrillat (Nox, Revenir) multiplie les projets. Pour sa première incursion dans l’animation, la réalisatrice-scénariste s’est associée au graphiste Nathaniel H’limi pour évoquer avec délicatesse le deuil et l’enfance, dans “La vie de Château”.

Produit par Les Films Grand Huit et Miyu Productions, ce court-métrage d’animation au graphisme rétro très réussi nous présente ainsi Violette, une parisienne de 8 ans. Devenue orpheline suite aux attentats du 13 Novembre et placée chez son oncle Régis, agent d’entretien au Château de Versailles, la fillette refuse catégoriquement sa nouvelle vie.

Après avoir remportée le Prix du Jury au dernier Festival d’Annecy et avoir été triplement primée au New York Int’l Children’s Film Festival (NYICFF), cette lumineuse histoire sera diffusée le 12 avril prochain sur France 4 et disponible en avant-première dès le 5 avril sur Okoo, l’offre enfants de France Télévisions. A cette occasion, Clémence nous en dit plus sur cette nouvelle aventure et son métier.

Parle-nous de ta collaboration avec Nathaniel H’limi

Nous sommes amis depuis dix ans et nous voulions travailler ensemble. C’est bête à dire, mais j’adore son dessin. L’occasion s’est présentée en juin 2017 avec l’appel à projets de France Télévisions. J’ai écrit une histoire, Nathaniel a dessiné les héros. Ensuite, nous avons demandé à Les Films Grand Huit de nous accompagner car ce sont de formidables producteurs, fins et exigeants. Ils avaient déjà produit Gigot Bitume, l’un de mes précédents courts-métrages. Ils ont aimé le projet et nous avons déposé un dossier très complet auprès de France Télévisions. Pour nous tous, c’était notre premier film d’animation. Autant dire un sacré pari. Quelques mois plus tard, nous avons défendu “La Vie de château” pendant un oral et nous avons su quelques jours plus tard que nous faisons partie des trois finalistes. C’était vertigineux, on allait donc co-réaliser un unitaire de 28 minutes. Deux ans plus tard, nous avons présenté le film au festival d’Annecy.

Qu’aimerais-tu qu’on retienne de votre court-métrage ?

La résilience de Violette.

A quand remonte ton envie de raconter des histoires ? Pourquoi avoir choisi cette voie ?

J’ai toujours aimé prendre des notes, raconter des histoires à mon petit frère et aux enfants que je gardais comme baby-sitter. J’ai toujours aimé en lire aussi, en voir au cinéma. Initialement, je voulais devenir professeure de lettres. Durant mes études de lettres modernes, j’ai rencontré des amis qui travaillaient dans le cinéma. En découvrant ce milieu, je suis venue peu à peu au scénario. J’ai tout de suite adoré ça ! J’ai commencé à écrire pour moi, pour les autres, et à réaliser.

As-tu vu une évolution dans la profession ?

Il y a plus de créatrices de série et de jeunes. Quand j’ai commencé à écrire ce n’était pas courant car on se méfiait un peu de la jeunesse. A l’époque, il y avait aussi peu de porosité entre le cinéma et la télévision. Aujourd’hui, grâce à l’émergence de nouvelles séries de qualité, de nouvelles plateformes, ce n’est plus autant le cas. Et puis, de bons cinéastes réalisent des séries : Rebecca Zlotowski, Eric Rochant, Thomas Lilti… De mon côté, je peux travailler aussi bien pour des longs-métrages, des courts, des séries, des documentaires. Après, même si les médiums se multiplient, il s’agit toujours du même désir : raconter des histoires, si possible les meilleures, au public.

Tous les scénaristes ne vivent pas de leur plume. Des conseils pour ceux qui souhaitent exercer ce métier précaire ?

Chaque trajectoire est singulière mais je conseille de mettre plusieurs casseroles sur le feu en travaillant sur différents projets. A la fois pour des raisons alimentaires, mais aussi pour trouver ce que l’on aime, tester diverses formes et façons de travailler. Je recommande aussi des endroits formidables pour apprendre comme le G.R.E.C., la Maison du film et les festivals qui font aussi un travail incroyable autour du scénario. Et surtout d’écrire tout le temps, tous les jours, même un petit peu, mêmes des pensées en vrac.

Comment nourris-tu ton écriture avec ce confinement ?

J’ai eu une petite fille pendant la fin de la post production de “La Vie de château”. J’ai donc terminé le film avec un bébé et beaucoup de fatigue. A trois semaines, elle était avec nous en studio lors de l’enregistrement de la bande originale avec Albin de la Simone. Ce confinement arrive donc après une année bien remplie entre mon travail et les festivals qui ont accueilli le film. J’en profite pour enfin souffler un peu, passer du temps avec elle et réfléchir à la suite de “La Vie de château”, car il va y avoir une suite.

Et ton projet de long-métrage, “Le souffle coupé” ?

Je suis en train de le développer avec Les Films Grand Huit. C’est un projet de longue date et sur lequel je dois justement trouver un nouveau souffle après tout ce temps passé sur l’animation. J’ai réalisé quatre courts-métrages en prises de vues réelles et le plateau, les comédiens, les équipes me manquent. J’ai hâte d’y retourner !

D’autres projets ?

J’ai travaillé en tant que scénariste sur trois séries. OVNI(s) créée par Clémence Dargent et Martin Douaire, qui sera bientôt diffusée sur Canal+. Nona et ses filles, la série de Valérie Donzelli qui sera bientôt en tournage pour Arte. Et enfin, Mixte, une série de 8 épisodes créée par Marie Roussin pour Amazon. J’ai encore d’autres projets en tant que scénariste, et surtout cette fameuse suite de “La Vie de château”. Il est encore un peu tôt pour être plus précise, mais les aventures de Violette et Régis continuent.

Copyright Photos © Films Grand Huit et Miyu Productions


🍿 Clémence Madeleine-Perdrillat sur vos écrans
TV – “La vie de château”, le 5 avril 2020 sur Okoo
TV – “La vie de château”, le 12 avril 2020 à 18h sur France 4
TV – “OVNI(s), série 12×30′, le 11 janvier 2021 sur Canal+
TV – “Mixte”, série 8×52′, le 14 juin 2021 sur Prime Vidéo
TV – “Nona et ses filles”, série 9×30′, le 2 décembre 2021 à 20h55 sur Arte


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