Dans Dark Waters, Mark Ruffalo part en croisade pour dénoncer la contamination dévastatrice orchestrée par le géant américain de la chimie DuPont. Un scandale sanitaire encore d’actualité et un rôle sur mesure pour ce militant écologiste au cinéma le 26 février prochain.

Basé sur un article du New York Times Magazine, The Lawyer Who Became DuPont’s Worst Nightmare paru en 2016, le film de Todd Haynes (Carol) s’inspire d’une histoire vraie. Celle de Robert Bilott, un avocat qui défendait jusqu’en 1998 les intérêts de grandes sociétés chimiques en les aidants à se conformer aux réglementations. Suite à l’inspection d’une exploitation agricole, installée près d’une usine fabricant du Téflon appartenant à DuPont, il va découvrir l’existence d’un composant qui empoisonne bétail, riverains et employés. Une contamination environnementale irréversible, dont on commence à peine à mesurer les effets partout à travers le monde.

 «Nous travaillons à rendre le monde plus sûr, plus sain et plus agréable.» – DuPont

Entre dissimulations, pressions et revers administratifs, ce glaçant thriller écologique s’attarde ainsi sur les vingt années de combat mené par Bilott pour exposer l’ampleur de la menace émanant des PFAS, ces composés fluorés hydrophobes et lipophobes couramment utilisés à des fins domestiques ou industrielles. Incarnant sobrement cet homme intègre dont les convictions ont été ébranlé, Mark Ruffalo (Avengers: Endgame) offre la densité nécessaire à une croisade qui n’a nullement besoin de jouer la carte du sensationnalisme. Bien plus qu’un film de procès ou qu’un drame social affecté, Dark Waters illustre efficacement la fragilité de la réglementation environnementale et les ravages de la cupidité.

Tous concernés !

Le 22 janvier dernier, l’EWG affirmait avoir trouvé des PFAS dans l’eau potable de dizaines de villes américaines, démontrant donc que le nombre d’Américains exposés via l’eau du robinet a été considérablement sous-estimé. Plus proche de chez nous, la fédération allemande pour l’environnement et la protection de la nature révélait en mai 2019 que 654 entreprises opérant en Europe, dont DuPont, employaient massivement des substances de synthèse interdites et potentiellement dangereuses. A une époque de défiance généralisée, difficile de comprendre comment DuPont qui figure au deuxième rang des plus grands pollueurs de la planète n’a pas déjà mis la clé sous la porte. Gageons que ce métrage permettra de sensibiliser davantage l’opinion publique à cette question et d’accroître la pression en faveur d’un changement de législation.

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