Alice au pays des merveilles de Tim Burton – Critique

La tentation de revisiter le classique de Lewis Caroll était bien trop tentante. Après Sweeney Todd : le diabolique barbier de Fleet Street, Tim Burton nous revient donc avec une adaptation des aventures d’Alice au pays des merveilles mêlant images de synthèses et prises de vues réelles. Produite par les Studios Disney, il s’agit quelque part d’un retour aux sources pour lui puisqu’il avait déjà travaillé pour eux de 1979 à 1984.

« Ce conte fait partie de notre culture à tous, c’est un élément clé de notre imaginaire collectif. Il a inspiré d’innombrables pièces et adaptations au cinéma et à la télévision. Que vous l’ayez lu ou non, vous en connaissez le thème et certains personnages, vous en avez vu des images. C’est une histoire extrêmement populaire. » – Tim Burton

Vu mardi dernier en avant-première, en 3D et présenté par Tim Burton, je dois malheureusement reconnaître ne pas avoir été super emballée par ce retour au Pays des Merveilles. Et pourtant, je n’attendais rien de bien particulier de ce film, n’étant pas une fervente adepte de l’œuvre de Caroll.

Serait-ce dû aux directives du Studio Disney ou à une relative paresse du réalisateur qui se repose sur ses acquis ? Je ne saurais vous dire. Ce dont je suis certaine c’est d’avoir trouvé le film particulièrement plat. On regrettera donc le manque flagrant de rythme qui plombe les rares scènes d’action et moments drôles que proposent le film.

Concernant les effets visuels supervisés par Ken Ralston (Star Wars, Le Pôle Express) qui fut récompensé aux Oscars à quatre reprises, mon avis est encore plus mitigé. Autant j’ai adoré le travail fait sur les personnages du Chat et l’univers fantasmagorique, autant j’ai trouvé la 3D particulièrement inutile, n’apportant rien qualitativement à l’œuvre de Burton.

Côté casting, on retrouve pour la énième fois Johnny Depp qui nous joue pour la énième fois le même personnage, l’irritante Helena Bonham Carter et pour la première fois devant la caméra de Tim Burton, Anne Hathaway dont j’ai trouvé l’interprétation de la Reine Blanche particulièrement ridicule. Mais cela est peut-être dû à sa savoureuse préparation pour ce rôle.

« En réfléchissant à la façon dont j’allais la jouer, je n’arrêtais pas de me dire que c’était une punk-rock végétalienne et pacifiste. J’ai donc écouté beaucoup de Blondie, regardé des films avec Greta Garbo et je me suis intéressé aux œuvres d’art de Dan Flavin. Ensuite, j’ai ajouté une petite touche de Norma Desmond, et le personnage a commencé à émerger. » – Anne Hathaway

Au final, l’Alice aux pays des merveilles de Tim Burton peine à trouver ses marques et fatalement l’ennui pointe le bout de son nez. De beaux décors, des acteurs malgré tout plutôt bons si on fait abstraction de leur « jeu copié-collé » mais un scénario peu trépidant qui vous laissera quelque peu sur votre faim.