Nouvelle venue dans le monde très fermé des créateurs de chaussures made in France, Victoria Soubrane a fondé sa marque de ballerines, MAISON CASTILLE. Quintessence du style français, ses créations se veulent à la fois simples et chics mais aussi innovantes.

A quelques semaines du lancement d’une campagne de financement participatif prévue sur Ulule, cette normande de 33 ans nous dévoile l’histoire de sa marque née en 2018.

Diplômée en architecture d’intérieur, tu as travaillé ensuite dans l’évènementiel durant une dizaine d’années. Qu’est-ce qui t’a amené à concevoir ta marque de ballerines ?

Après mon troisième enfant, j’ai pris conscience que ma vie professionnelle ne me convenait plus. Le cap de la peur de se lancer passé, c’était maintenant ou jamais. Plus d’enfants à venir, pas de job qui me fasse rêver et surtout l’opportunité de créer ce que j’ai toujours aimé. Il faut savoir que je suis la plus grande porteuse de ballerines que la Normandie ait connu 😆 Dans mon dressing, ce sont 20 paires qui tournent en continu, et la frustration de ne jamais avoir trouvé le modèle parfait à un prix décent, la perfection étant souvent synonyme de prix exorbitants. Il n’en fallait pas moins pour que je reprenne le problème à zéro en créant une ballerine nouvelle et française !

Quelles sont les innovations des ballerines MAISON CASTILLE ?

Pour commencer, elles ont 2 cm de talons qui ont été dessinés pour apporter un confort dorsal non négligeable. Leur bout a été affiné pour apporter plus de féminité à tous les pieds. Ce même bout breveté a été conçu pour recevoir ou non les clips décoratifs de la marque selon les humeurs. Leur ligne est un clin d’œil au savoir-faire français. Leur doublure a été totalement appliquée en cuir pour pouvoir durer, et la semelle de propreté a été pensée pour apporter le confort d’un chausson grâce à un immense coussinet (fini le pied à même le bitume) sans pour autant épaissir la chaussure. Normandes et Ligériennes, elles seront vendues à partir de 99€TTC.

Pourquoi MAISON CASTILLE ?

Plus jeune, je voulais quatre enfants. Force a été de constater que trois c’était déjà pas mal si je souhaitais garder une activité professionnelle. Mais dans ma tête ce quatrième existait et elle s’appelait Castille. La création de la marque, je l’ai un peu vécu comme une grossesse avec sa période de gestation, puis son lancement après des mois de labeur. Mon quatrième enfant, c’est une marque de ballerines ! Quant à Maison, je souhaitais un nom qui fasse appel à la France en un clin d’œil, qui rappelle le savoir-faire Français et qui puisse ne pas associer de genre ou de produit derrière son nom. Et voilà MAISON CASTILLE !

Les plus grands obstacles de ton aventure entrepreneuriale ?

La solitude qui peut se faire pesante dans la prise de décisions et les moments durs. Émotionnellement l’entreprenariat est une vraie montagne russe ! Et surtout de ne pas faire ce pourquoi on a été formé. Il faut en avoir sous le pied pour y croire et réussir à se faire ouvrir les portes des fabricants, fournisseurs et autres entités nécessaires à la création d’une entreprise. C’est un serpent qui se mord la queue en continu. Pas de statuts créés, pas de tarifs, et pas de devis, pas de business plan, pas d’entreprise… On parle énormément de reconversions aujourd’hui mais la réalité est plus dure. Les gens concernés du secteur dans lequel on s’oriente ne sont pas tous ouverts au changement. Mes études d’Architecte d’intérieur m’ont aidé c’est certain pour dessiner mes créations et heureusement, je pense que cela n’aurait pas été possible sinon.

Des conseils pour ceux qui souhaiteraient se lancer ?

Cela manquerait d’humilité de ma part de donner des conseils alors que MAISON CASTILLE n’est encore qu’un bébé. Je conseillerais juste de se rapprocher de toutes les entités qui peuvent vous aider comme les chambres de commerce, incubateurs et clubs d’entrepreneurs. Des suivis gratuits s’y trouvent ainsi que des conseils valant de l’or pour gagner du temps. Quant aux qualités… la persévérance et l’exigence.

Ton avis sur les réseaux sociaux qui peuvent faire ou défaire une marque ?

Je suis très mitigée sur les réseaux sociaux en tant que tels. Ils sont indispensables pour communiquer et ont l’énorme avantage d’offrir une visibilité internationale à moindre coût. Néanmoins, ils sont aussi chronophages car ils demandent d’être à l’affut constamment pour se protéger et gérer la surexposition qu’ils impliquent. Je suis parfois dépassée par tous ces influenceurs qui montent et repartent à la vitesse de leur clic.

Quelles sont tes icônes de mode, tes créateurs favoris ?

Toujours aussi fan d’architecture et de décoration, le génie d’Andrée Putman, Jacques Garcia ou même Philippe Stark m’inspire encore aujourd’hui. Mes icônes de mode ne sont malheureusement plus de ce monde. J’admirais par-dessus tout l’élégance de Grace Kelly et de Lady Diana, ainsi que le style de Jackie Kennedy. Pour ce qui est des créateurs, les maisons de Haute-couture Chanel et Dior me font rêver. J’aime aussi les créations Armani et Elie Saab. Maintenant, si on revient à la réalité, je suis plus souvent attachée à un produit et non à une marque. Dernièrement, j’ai ainsi craqué pour un gilet de chez Astrid Préel pour lequel j’en suis au 3e coloris, tellement le confort, le tombé et la qualité sont sans reproche.

L’égérie idéale pour représenter MAISON CASTILLE ?

J’aimerais en avoir plusieurs et de tout âge car c’est avant tout cela une ballerine MAISON CASTILLE. Pour la plus âgée, je choisirai Kristin Scott Thomas, ensuite une personne incroyable aussi, Michèle Obama, puis la plus Frenchie des quadra, Cécile de France, et pour finir Charlotte Casiraghi.

Comment vois-tu l’avenir ?

Je ne manque pas de projets et j’imagine continuer de partager MAISON CASTILLE avec de jolies causes comme Octobre rose. J’espère aussi exporter rapidement des «Petites Dalles*» et des «Veulettes*» outre-Atlantique et en Asie, en créant parallèlement des lignes spécifiques pour garder l’éthique écologique de la marque. Je fais des ballerines Françaises pour les Françaises mais aussi pour promouvoir un savoir-faire et une patrie qui mérite de briller davantage. Par ailleurs, je souhaiterais développer une autre gamme totalement atypique si les modèles initiaux fonctionnent.

Le 3 septembre prochain débutera ta campagne de crowdfunding sur Ulule, à quoi servira l’argent récolté ?

Cette campagne a trois objectifs : financer la première production, collecter des fonds grâce à un modèle spécifiquement créé pour l’association de lutte contre le cancer du sein dans le cadre d’Octobre rose et enfin lancer la collection suivante.

Un dernier mot ?

Un simple GRAND MERCI d’avoir tourné le regard sur une créatrice de province. La France et son savoir-faire ne se résument pas à sa capitale et ses grandes villes. Je suis extrêmement fière de pouvoir porter le message de nombreux créateurs cachés dans de nombreuses régions. Depuis quelques années, la brise se lève avec des créateurs comme Paul Marius, et j’ose espérer que cela va continuer pour tous ces talents cachés dans des ateliers qui méritent de voir exposer leur travail au grand jour. Merci pour nous !

* modèles de la marque


🛒 Maison Castille
E-shop : https://www.maisoncastille.fr/

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