Produite par la maison d’édition de Luc Besson, 7e choc, « Le Profileur » de Damien Venzi et Thierry Lamy séduira sans aucun doute les amateurs de séries noires. 

Cette histoire de profileur au passé trouble où la violence est omniprésente n’est effectivement pas à mettre entre toutes les mains. Damien Venzi, son dessinateur a bien voulu répondre à mes questions.


Ton parcours ?

La BD est un parcours de galérien. Aujourd’hui encore, je continue de ramer. Depuis tout jeune, j’ai ce désir de faire de la BD. Récemment, en mettant de l’ordre dans mes papiers, j’ai d’ailleurs retrouvé de vieilles planches de BD faites étant gamin. Sans doute était-ce là pour moi un moyen de raconter des histoires, même si je suis incapable d’écrire un scénario digne de ce nom. Côté études, je viens d’un BTS communication visuelle. J’ai appris seul, en regardant, en pratiquant. On fait beaucoup, on se trompe beaucoup, et on commet par là quelques « péchés de jeunesse », ce qui est toujours ennuyeux lorsqu’on est édité mais c’est ainsi. Aujourd’hui, je cherche de nouveaux contrats dans l’image, que ce soit la BD, l’illustration de livres ou la conception dans le jeu vidéo que j’ai déjà pu aborder par le passé et soyons fou, dans le cinéma. Cela dit, cela reste du fantasme car mon style est sombre et ne fait pas l’unanimité, loin de là. En attendant ceux qui n’ont pas froid aux yeux, je cherche aussi un travail alimentaire, en espérant toujours pouvoir décrocher quelque chose dans ma branche. Mais plus le temps passe et plus il est difficile d’y croire.


Damien Venzi et Thierry Lamy – © Photo : Serge Guéroult

Ton héros de BD préféré ?

Je n’en sais rien. Je n’ai pas de héros en particulier même si à une époque j’aurai pu répondre Boba Fett et L’inspecteur Harry. Mais si l’on peut retrouver le premier en BD, le second n’est qu’un personnage de films. J’aime les anti-héros. Les personnages sombres, complexes, contradictoires, sales, rugueux, dérangeants.

Tes influences ?

Benjamin Carré reste la principale. Et visiblement cela se ressent puisque l’on m’a déjà dit « cela me fait penser à du Benjamin Carré » à plusieurs reprises, ce qui reste un compliment pour moi. Ensuite, Ashley Wood. Mais cela se ressent beaucoup moins dans mon travail… à mon grand regret. Pour le reste, je suis influencé par beaucoup de choses. Images, films, artistes divers et variés, Giger, Luetke, Beksinski… mais aussi par cette chienne de vie et le monde qui m’entoure.

Des projets ?

Du sombre bien entendu ! Dans des univers plus personnels sans l’être puisque mes envies partent pour l’essentiel d’œuvres que j’ai pu voir et adorer. Puisque deux de mes projets ne trouvent pas d’acquéreur, je songe à m’orienter vers le marché américain. L’un est dans l’esprit Jin Roh, graphiquement parlant, l’autre de type survival horror basé sur une histoire de zombie. J’ai aussi tout un tas d’autres envies à côté de ça. Un tas d’univers que j’aimerais explorer en bande dessinée si l’on m’en donne l’opportunité.

Tes derniers coups de cœur ?

Je suis dans ma période Giger, mais autour de projets photo. C’est ce qui me tient à cœur en ce moment, quelque chose à la fois inspiré de Giger et du titre Dreamless (Litith and Lucifer) de Moonspell. La TV je ne regarde pas, pour ce que l’on nous passe, par contre je l’utilise pour ma console. Le jeu vidéo est une grande source d’inspiration. Du FPS et du Survival Horror essentiellement. RESIDENT EVIL, GEARS OF WAR 2, LEFT 4 DEAD et FALL OUT 3 pour les derniers titres… il faut que ça saigne ! La musique, lyrique, mélancolique, du Metal pour l’essentiel. Elle joue un rôle important dans ma vie et m’accompagne dans mon travail d’illustrateur. Type O NEGATIVE, MOONSPELL, ULVER, DIMMU BORGIR entre autres. Pour le cinéma, j’ai vraiment aimé MORSE récemment, et j’ai revu DUNE avec beaucoup de plaisir. Mais toutes ces choses sont plus ou moins liées, Giger, Dune, Luetke, Dimmu Borgir, Beksinski, SILENT HILL…