Le 3 mars dernier, Andrew Stanton (LE MONDE DE NEMO, WALL E) nous donnait rendez-vous dans un grand hôtel londonien afin d’assurer la promotion de JOHN CARTER.

Ce mercredi 7 mars, la dernière superproduction issue des studios Disney mêlant prises de vues réelles et animation sera enfin à l’affiche dans l’Hexagone. Le réalisateur oscarisé nous a parlé avec ferveur de cette histoire centenaire qu’il rêvait de voir portée à l’écran.

John Carter alias Taylor Kitsch en fâcheuse posture

L’histoire

Tiré du premier tome du « Cycle de Mars » d’Edgar Rice Burroughs, le film raconte le fascinant voyage de John Carter (Taylor Kitsch), un ancien héros de la guerre civile américaine, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Mars, au cœur d’un conflit mystérieux entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas (Willem Dafoe) et de la belle princesse Dejah Thoris (Lynn Collins). Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter se retrouve doté d’une force surhumaine et va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains…

Un héros très inspirant

Personnage principal des trois premiers romans du « Cycle de Mars » (« Une princesse de Mars », « Les Dieux de Mars » et « Le Seigneur de la Guerre de Mars »), John Carter fut créé en 1911 par Edgar Rice Burroughs (également créateur de TARZAN) et apparu pour la première fois en février 1912 dans la revue américaine All Story Magazine. Plébiscitées par des générations d’enfants, les aventures mâtinées de science-fiction de ce héros atypique ont inspiré bon nombre d’auteurs et de réalisateurs. Ainsi, on ne s’étonnera pas de trouver des similitudes entre l’univers de John Carter et les œuvres de James Cameron (AVATAR) ou de George Lucas (STAR WARS) qui revendiquent d’ailleurs être fan de cette figure incontournable de la science-fiction.

« John Carter est le premier héros de l’espace et la saga du « Cycle de Mars » est considéré comme la pierre de Rosette de la science-fiction. Peu importe à quelle époque vous êtes né, si vous prenez la peine de la lire, vous serez conquis car cette histoire est intemporelle. »

LA PRINCESSE DE MARS vu par Asylum – Antonio Sabato Jr. et Traci Lords

Un projet de longue haleine

Depuis 1935, Hollywood n’a eu de cesse de se pencher sur l’adaptation du premier volet de cette épique saga qui mêle histoire d’amour et manœuvres politiques. D’ailleurs, l’actuel producteur de JOHN CARTER, Jim Morrison, prévoyait déjà la sienne dans les années 80, avec à la réalisation John McTiernan (DIE HARD) et Tom Cruise (MISSION IMPOSSIBLE) dans le rôle-titre. Si on fait abstraction du DTV Princess of Mars commis en 2010 par Asylum et Mark Atkins avec Antonio Sabato Jr. et Traci Lords, il aura fallu donc attendre le centième anniversaire de notre héros pour le voir enfin évoluer au cinéma.

« J’ai cru que je ne verrais jamais les personnages et l’univers de John Carter prendre vie sur grand écran. J’ai lu les livres à l’âge de 12 ans et en tant que fan de la première heure, je voyais ces abandons successifs comme une véritable malédiction. Je n’imaginais pas une seule seconde que je prendrais part à ce film mais je suis très heureux de pouvoir donner ma vision de cette œuvre centenaire. »

Épaulé par Mark Andrews (RATATOUILLE, LES INDESTRUCTIBLES) et Michael Chabon (Lauréat du Prix Pulitzer pour « Les Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay »), deux autres fans de la saga, Andrew Stanton s’est donc lancé en 2006 dans l’écriture de son scénario durant le tournage de WALL E.

Un casting sur mesure

Avec un budget s’élevant à 250 millions de dollars, on aurait pu s’attendre à ce que les acteurs principaux soient incarnés par des stars reconnues et «bancables» mais les studios Disney ont souhaité laisser le champ libre au réalisateur. On retrouve ainsi, Taylor Kitsch (John Carter), surtout connu pour sa brillante prestation dans la série FRDAY NIGHT LIGHTS et son second rôle dans la purge X-MEN ORIGINS : WOVERINE et Lynn Collins (Dejah Toris) dont on se souvient pour avoir tenu durant cinq épisodes le rôle de Dawn dans la première saison de TRUE BLOOD

« Je m’étais mis la pression pour le choix de ce casting. Pour moi, John Carter c’est un peu comme mon James Bond, mon Superman et il fallait que je trouve quelqu’un capable de l’incarner. Lorsque j’ai vu Taylor Kitsh dans le pilote de « Friday Night Lights », je me suis dit qu’il serait pas mal pour le rôle mais je trouvais qu’il faisait vraiment très jeune. Au départ, je recherchais quelqu’un aux alentours de 30/40 ans. Je continuais à chercher dans cette tranche d’âge mais je l’avais toujours dans un coin de ma tête. C’est en allant sur IMDB et en me rendant compte que Sean Connery était âgé de 32 ans quand il a incarné pour la première fois « James Bond », que Christophe Lambert en avait 29 ans dans « Highlander » et Mark Hamill, 26 ans dans « Star Wars » que je suis revenu sur cette question d’âge. Quant à Lynn, elle se détachait de la liste des actrice que l’on m’avait soumis mais c’est surtout l’alchimie entre elle et Taylor qui a été déterminante. »

En revanche, pour ce qui est des Tharks et du choix des acteurs filmés en motion-capture, ici, nous avons affaire paradoxalement à des acteurs résolument plus connus du grand public. Willem Dafoe (Tars Tarkas) vu dans PLATOON et SPIDER-MAN, Samantha Morton (Sola) vue dans IN AMERICA mais aussi Thomas Haden Church (Tal Hajus) vu dans SPIDER-MAN 3 et « All about Steve », interprètent ainsi ces extraterrestres de 3 mètres à la peau verte et pourvus de quatre bras.

« J’avais besoin d’acteurs aguerris même si au final, ils n’apparaissaient pas à l’écran. J’avais déjà travaillé avec Willem Dafoe sur « Le Monde de Nemo » car il faisait la voix de Gill (NDLR : le poisson leader dans l’aquarium du dentiste), mais je ne pensais pas qu’il serait intéressé face à la perspective de porter un pyjama gris en plein désert par 40°, en étant monté sur des échasses. Et lorsque des comédiens du calibre de Thomas, Willem et Samantha mettent de côté leur égo pour vous apporter un tel talent, c’est un cadeau inestimable pour ceux qui travaillent avec eux. »

Willem Dafoe et Taylor Kitsch dirigés par Andrew Stanton

La vision de Stanton

Tourné entre les studios Shepperton au Royaume-Uni et les majestueux décors naturels de l’Utah aux États-Unis, « John Carter » a tenté de s’extirper des stéréotypes de l’imaginaire collectif et de rendre cet univers foisonnant tangible. Et si le film fait la part belle aux effets spéciaux, on pourra s’étonner d’une direction artistique qui peut paraître parfois désuète mais qui est cependant parfaitement assumée.

« Je tenais à cet aspect quelque peu vintage. Je voulais que les gens voient le film sans se soucier de l’époque à laquelle il avait pu être tourné. C’est le travail d’un artiste de faire selon son instinct et non selon les attentes des autres. Les gens se mettent des barrières et disent non à des choses sans même avoir essayé. Comme le disait judicieusement Steve Jobs, la plupart du temps les gens ne savent pas ce qu’ils veulent avant que vous le leur montriez. Et pour vous citer un exemple concret, je me souviens d’un jour où mon fils âgé alors de 8 ans s’ennuyait, je l’ai mis devant « Le Pont de la rivière Kwai » malgré ses réticences, et bien que le film date de 1957, il est resté devant l’écran jusqu’au bout. »

Quant à savoir si nous aurons le privilège de découvrir la suite des aventures de John Carter au cinéma, rien n’est moins sûr. En effet, si Jim Morris et Lindsey Collins, les producteurs présents ce jour-là, et le réalisateur sont vraiment motivés par cette éventualité, ils ne préfèrent pas s’avancer.

« Je ne suis pas stupide, j’ai conscience que le tournage des suites dépendront des résultats au box-office de ce film. Mais, en tant que créateur, même si j’ai fait en sorte que cet opus puisse se suffire à lui-même, cela ne m’a pas empêché de penser en même temps aux deux autres adaptations. J’ai donc déjà travaillé sur ces suites pour être prêt au cas où j’aurais l’opportunité de les tourner. »

Anecdoctes

  • Bien que le film soit proposé en 3D, Andrew Stanton conseille de le voir en 2D.
  • Lors du tournage en Utah, l’équipe du film a trouver un os de dinosaure, un Sauropode qui dépassait du sol. Des fouilles ont été entreprises pour trouver le reste du squelette.
  • Le premier jour de tournage en motion-capture où Thomas Haden Church et Willem Dafoe devaient expérimenter les déplacements avec les échasses s’est transformé en véritable compétition entre les deux acteurs. Et selon Willem Dafoe, c’est lui qui aurait gagner.
  • Le teint hâlé de Lynn Collins dans le film n’est pas vraiment naturel. Maquillage et tatouages prenaient 4h par jour.
  • Une partie du casting a joué dans des adaptations de comics. Taylor Kitsch et Lynn Collins dans X-MEN ORIGINS : WOLVERINE, Willem Dafoe dans SPIDER-MAn, Thomas Haden Church dans SPIDER-MAN 3, Mark Strong dans KICK-ASS et GREEN LANTERN, James Purefoy dans SOLOMONE KANE, Dominic West dans 300 et Ciarán Hinds dans le récent GHOST RIDER : L’ESPRIT DE LA VENGEANCE.