Média d’information et Marketplace de créateurs inscrits dans une démarche responsable et durable depuis novembre 2018, Jours à venir est passé du virtuel au réel en prenant ses quartiers à Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris.

Les Abbesses, juste en face du Marché de la Butte rendu célèbre par Amélie Poulain. Alice Pélissier et Léa Barbaroux m’ont donné rendez-vous dans leur tout premier select-store parisien. Mode, beauté, maison, épicerie fine. Dans cet espace épuré de 35 m2, 54 marques s’exposent sur un mobilier en bois réalisé par ALP Studio.

Petit retour en arrière. Nos deux amies se sont connues sur les bancs d’une école de commerce à Grenoble. Après avoir fait leurs armes chez de grands groupes (Dior, L’Oréal, Amazon), elles démissionnent pour se concentrer sur le développement d’un site qui mutualise la communication et la commercialisation de marques engagées. A l’instar de leur site, leur boutique démontre qu’il est possible de vivre en accord avec ses convictions sans renoncer à se faire plaisir. Rencontre avec deux jeunes femmes engagées qui n’ont pas peur de travailler d’arrache-pied pour faciliter l’accès à la consommation responsable.

Comment s’est fait le choix du lieu ?

Léa Barbaroux : totalement par hasard. Cela n’a pas été évident de trouver un local abordable qui nous plaise. On a commencé nos recherches en août et on a fini par trouver cet énorme coup de cœur sur PAP. On aime beaucoup l’écosystème de la rue et le fait que les commerçants soient très liés entre eux.

Quand on a un e-shop qui marche bien, comme le vôtre, pourquoi ouvrir une boutique physique ?

Alice Pélissier : les retours très positifs lors de notre pop-up en juillet dernier ont conforté notre volonté de remettre l’humain au cœur du projet. Transmettre nos valeurs et celles de nos marques s’avère plus facile lorsqu’on peut toucher les produits et échanger sur eux. On souhaitait également proposer un lieu qui met mieux en valeur les créateurs notamment par le biais d’ateliers.


Alice et Léa

Parlez-moi de ces ateliers

L.B. : ils commenceront le 5 novembre prochain et auront lieu tous les mardis. Animés par nos marques partenaires, ces ateliers permettront de faire par exemple vos propres cosmétiques, bougies ou encore éponges tawashi.

Quel est le processus de sélection des marques ?

L.B. : pour s’assurer que chaque produit correspond à l’un des sept engagements écoresponsables que nous avons préétabli, on s’entretient systématiquement avec leur créateur. Fabrication française, éco-friendly, bio, solidaire, équitable… La plupart d’entre eux cumulent plusieurs de nos labels. Mais au-delà de l’engagement, on ne fait aucun compromis sur le pôle esthétique. Selon nous, il est essentiel pour amener les gens à changer leur façon de consommer.

Avez-vous des produits chouchous ?

A.P. : j’aime particulièrement la marque Suny que l’on a référencé au printemps dernier. Faciles à mixer, ces basiques en coton et en velours bio sont hyper confortables. Mon autre coup de cœur ce sont les lessives Pikoc. Une nouveauté à base d’aloe vera biologique et de savon de Marseille. Cécile et Marine, les deux fondatrices viennent d’une école de parfumerie. Elles voulaient allier le plaisir à l’utile avec ces lessives au parfum d’exception.

L.B. : j’adore l’Atelier Populaire et ses savons saponifiés à froid, bio et faits à la main ainsi que leurs huiles 100% naturelles et bio. J’aime aussi L’épicerie Créole. Ce sont deux jeunes lyonnaises qui ont souhaité mettre en avant les saveurs des DOM TOM en travaillant avec des producteurs locaux.

Comment votre entourage a-t-il accueilli votre projet  ?

A.P. : dès le lancement, nos familles nous ont soutenu moralement et financièrement. Il faut savoir qu’aujourd’hui, on ne se rémunère toujours pas. Sans eux nous aurions dû reprendre un travail en parallèle. Nos amis nous aident aussi beaucoup en étant nos premiers ambassadeurs. 

Pourquoi ne pas faire appel au crowfunding ?

L.B. : on y a pensé mais on ne souhaite pas faire entrer d’autres investisseurs pour l’instant. On réinvesti tout ce que l’on gagne. C’est beaucoup de sacrifices au quotidien mais c’est essentiel pour faire grandir notre projet. La boutique amène plus de charges mais elle permet de proposer plus de choses à nos clients.

En matière d’entrepreneuriat féminin, les modèles sont important pour sauter le pas. Pourtant, d’après une étude de l’institut Market Probe, seulement 12% des femmes peuvent citer le nom d’une entrepreneuse. Avez-vous eu des rôles modèles ?

A.P. : on est assez fan de podcasts. Avant de se lancer, on a passé des heures à écouter Generation XX ou encore Le gratin qui présentent des success-story. Ceux consacrés à Charlotte Dereux, fondatrice de la marque Patine et à Angèle Ferreux-Maeght, créatrice de la Guinguette d’Angèle m’ont beaucoup marqué car c’était des pionnières dans le domaine de l’éco-responsabilité. Leurs conseils sont toujours bons à prendre et c’est rassurant de voir que tout le monde est confronté à des difficultés.

La plus grande difficulté à laquelle vous avez dû faire face ?

L.B. : rester toujours motivée. Ce n’est pas évident lorsqu’on a toujours eu l’habitude d’avoir quelqu’un derrière soi. Parents, profs, puis employeurs. En dehors de nous deux, il n’y a plus personne sur qui se reposer.

Un an après le lancement de Jours à venir, où en est votre amitié ?

L.B. : nous sommes toujours en phase avec les promesses faites avant de se lancer. C’était un pari mais je ne l’aurais fait avec personne d’autre. On se connait tellement bien qu’il n’y a pas eu de grandes surprises concernant nos caractères respectifs. La boutique c’est plus d’engagement personnel puisqu’elle est ouverte le week-end mais on essaie de s’aménager des temps de pause.

Des conseils pour ceux qui souhaiteraient se lancer ?

A.P. : il faut apprendre à déléguer et reconnaitre ses limites. Aujourd’hui, nous sommes de véritables couteaux suisses mais si on pouvait faire tout le temps appel à des professionnels on le ferait sans hésiter.

Comment votre futur s’écrit-il ?

A.P. : notre motivation principale étant d’initier un maximum de personne à l’écoresponsabilité, on souhaiterait décliner ce concept dans d’autres villes. Beaucoup de nos clients online ne sont pas parisiens et aimeraient aussi pouvoir profiter d’une telle boutique.


🛒 Jours à venir
2bis, rue Androuet, Paris 18e
Lundi au samedi de 10h30 à 19h00
Dimanche de 13h00 à 18h00
Métro Abbesses, ligne 12
E-shop : https://www.joursavenir.com

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