Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous… Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course , fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous. Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser…

Après avoir travaillé sur de nombreux épisodes des « Simpson » et de « Futurama », Rich Moore se voit confier les rênes du prochain Disney de Noël. Une très lourde responsabilité quand on garde en tête les attentes des spectateurs et surtout celles de l’énorme machinerie marketing qu’est la firme américaine.

Cette année, le célèbre studio d’animation a choisi de nous embarquer une nouvelle fois dans l’univers des jeux vidéo. Il s’agit ainsi de leur troisième incursion dans le domaine après les deux volets de « Tron ».

Les extraits présentés en septembre dernier lors du passage à Paris de son producteur, Clark Spencer avait à l’époque suscité grandement mon intérêt. Un mois plus tard, j’ai enfin eu l’opportunité de le voir en intégralité, en V.O. et en 3D.

Dès les premières images, la nostalgie s’empare de nous. Le jeu d’arcade 8 bits dans lequel évolue quotidiennement notre héros, basé sur des formes carrées et des visuels saccadés, à la croisée de « Donkey Kong » et de « Super Mario Bros », donnera forcément le sourire aux vétérans des années 80 dont je fais partie.

Mais qu’il s’agisse de FPS moderne infesté de créatures cybernétiques inspiré de « Call of Duty » et « Gears of Wars » ou d’une course de voitures 90’s aux accents très girly, « Le Monde de Ralph » foisonne de références vidéoludiques et parlera à tous les gamers, sans distinction.

Entre les savoureux caméos et la description minutieuse de chaque univers, du plus ancien au plus moderne, l’équipe s’en est donné à cœur joie pour combler les amateurs de jeu vidéo.

Au-delà de l’attrait nostalgique et référentiel, ce réjouissant film d’animation nous propose aussi une sympathique galerie de personnages. Difficile de ne pas succomber au couple formé par Ralph et Vanellope qui est un savant mélange de tendresse et d’humour.

Ayant eu la chance de pouvoir le voir en V.O., j’ai trouvé que la voix débonnaire de John C. Reilly (« We need to talk about Kevin ») contribue grandement à rendre attachant ce colosse bourru de Ralph la Casse, tandis que la voix aiguë et les piques de Sarah Silverman (« Saturday Night Live ») confèrent caractère et impertinence à l’anomalie de programme qu’est Vanellope Van Schweetz. Tous deux insufflent une incroyable énergie à leurs personnages et le public suit avec d’autant plus d’intérêt leur aventure.

En revanche, on regrettera que la quête existentielle qui se dessine en toile de fond s’avère aussi conventionnelle. Découverte du véritable héroïsme dans l’adversité, rejet des étiquettes, prise en main de sa destinée, le message quoique universel, pourra éventuellement décevoir des spectateurs plus cyniques.

« Les Mondes de Ralph » n’en reste pas moins un excellent divertissement familial au visuel étonnant et un hommage réussi aux jeux vidéo.

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