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Avis | Projet Wolf Hunting : carnage en haute mer

Après avoir écumé les festivals de films de genre (TIFFF, L’étrange Festival, PIFFF…), Projet Wolf Hunting arrive enfin dans nos salles le 15 février prochain.

Récompensé à deux reprises au 55e Festival de Sitges, notamment pour ses effets spéciaux, le sanglant spectacle offert par Kim Hong-Sun n’est pas à mettre devant tous les yeux. Interdit au moins de 16 ans, Projet Wolf Hunting (Neugdaesanyang) s’adresse effectivement aux âmes bien trempées.

Projet Wolf Hunting, le pitch

Manille. Puisque la tentative d’extrader de dangereux criminels des Philippines vers leur pays d’origine a été contrecarrée par un attentat meurtrier à l’aéroport, les autorités coréennes ont décidées d’affréter un cargo. Bien qu’escortés par des policiers aguerris, les fugitifs parviennent à prendre le contrôle du navire. Au beau milieu de l’Océan Pacifique, un impitoyable prédateur s’invite au jeu de massacre. La traversée infernale sombre un peu plus dans le chaos…

A la barre de Projet Wolf Hunting

Né en 1976 à Séoul, Kim Hong-Sun a d’abord fait carrière à la télévision comme assistant réalisateur et producteur de séries. En 2012, il scénarise et réalise son premier thriller, Traffickers (Gong-mo-ja-deul). Deux ans plus tard, il signe The Con Artists (Ki-sool-ja-deul). Puis, The Chase (Ban-deu-si jab-neun-da), un autre film policier. En 2019, il fait une première incursion dans le genre horrifique avec Metamorphosis (Byeonshin). Tourné entre Manille et Busan, ce cinquième long-métrage est un quasi huis clos horrifique.

Personne ne les entendra crier

Du côté du casting, il n’y a pas vraiment de fausse note. Mentionnons la présence de Seo In Guk (No Breathing, Café Minamdang). Habitué aux comédies romantiques, l’acteur et chanteur de K-pop surprendra ses fans en endossant parfaitement le rôle d’un sociopathe couvert de tatouages. Face à lui, d’autres figures connues des dramas coréens tels que Jang Dong-yoon (Mr. Sunshine) en énigmatique prisonnier, Jung So-min (Alchemy of souls) en inspectrice de choc ainsi que le vétéran Sung Dong Il (If You Wish Upon Me) qui encadre la mission depuis Busan. A contre-emploi, ils démontrent ici la polyvalence de leur jeu.

Projet Wolf Hunting

Un festival de gore

57 personnages tués. 2,5 tonnes de faux sang utilisées durant la production. Défiant les lois de la physiologie humaine, Kim Hong-Sun multiplie les scènes trash en nous éclaboussant d’hémoglobine durant près de deux heures. Plongé dans un monde ramené à l’animalité et à la prédation, on observe l’humanité dans ce qu’elle a de plus cruel, de plus pathétique, mais aussi de plus fragile. Ignorant qui survivra à l’hécatombe, nous voilà captivé par cette surenchère de violence absolument inouïe.

Détournement en haute mer, slasher, revenge thriller où plane l’ombre de l’impérialisme japonais. Envisagé par Kim Hong-Sun comme le second chapitre d’une trilogie, Projet Wolf Hunting finit néanmoins par s’embourber maladroitement dans son dédale scénaristique. Malgré cet écueil et l’exagération de ses bruitages sonores, le film mérite amplement le déplacement en salle de cinéma. Dès lors, si le 15 février te semble bien trop loin, note qu’il sera projeté le 27 janvier au Festival de Gérardmer dans le cadre de La nuit sang lendemain et lors de l’Absurde Séance de Nantes.

© Photos – ESC Films.

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