Themyscira, l’île mythique des Amazones. Dès son plus jeune âge, la princesse Diana (Lilly Aspell, Emily Carey et Gal Gadot) rêvait de devenir une grande combattante. Une vocation que sa mère, la reine Hippolyte (Connie Nielsen) ne soutient pas, lui interdisant formellement d’emprunter cette voie.

Déterminée à lui prouver qu’elle a sa place parmi les guerrières, Diana va pourtant s’entrainer en cachette aux côtés de sa tante, la redoutable Générale Antiope (Robin Wright).

Devenue adulte, elle découvre que les Hommes sont victimes d’un conflit dévastateur qui dure depuis 4 ans. Convaincue qu’il s’agit là de l’œuvre d’Arès, notre amazone va alors rejoindre ce monde inconnu pour le stopper…

« Je dois défendre le monde puisque personne d’autre ne le fait ! »

Ce vendredi soir au Grand Rex, j’ai pu découvrir en avant-première WONDER WOMAN qui sera en salles dès le 07 juin. Suite à la débâcle endurée par BATMAN V SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE et SUICIDE SQUAD, ce quatrième long-métrage de l’univers cinématographique étendu de DC Comics (DCEU) a donc la pesante responsabilité de séduire une audience sensiblement échaudée.

A la barre de cette origin story dotée d’un budget de 150 millions de dollars, Patty Jenkins (MONSTER) signe un solide film d’action malgré un dernier acte faiblard et des personnages secondaires totalement transparents.


photos de l'avant-première de Woman Woman au Grand Rex de Paris

Une production enfin à la hauteur !

Dans un genre dominé par les hommes, l’avènement d’un tel film est un événement en soi. Effectivement, des héroïnes issues de comics dont les aventures à l’écran sont portées par elles seules, il n’y en a pas eu des masses jusqu’ici :

  • SHEENA, REINE DE LA JUNGLE (la série avec Irish Mc Calla 1955-1956, le film avec Tanya Roberts en 1984, une seconde série avec Gena Lee Nolin 2000-2002)
  • SUPERGIRL (le film avec Helen Slater en 1984 et la série avec Melissa Benoist depuis 2015)
  • RED SONJA (Brigitte Nielsen 1985), TANK GIRL (Lori Petty 1995)
  • BLACK SCORPION (un Direct-to-DVD avec Joan Severance en 1995)
  • BIRDS OF PRAY (une série réunissant Black Canary, Oracle et Huntress avec Ashley Scott, Dina Meyer et Rachel Skarsten 2002-2003)
  • CATWOMAN (Halle Berry en 2003), Aeon Flux (Charlize Theron en 2005)
  • ELEKTRA (Jennifer Garner en 2009).

Trop mielleuses, Kitchissimes ou franchement pourraves. Hormis la populaire série THE NEW ORIGINAL WONDER WOMAN (Avec Lynda Carter 1975-1979) et JESSICA JONES (la série Netflix avec Krysten Ritter depuis 2015), aucune de ces productions n’a marqué les esprits ou tenu la dragée haute face à leurs homologues masculins.

Réalisation efficace, combats impressionnants, rythme enlevé et rafraîchissantes pointes d’humour. Avec WONDER WOMAN, Patty Jenkins change radicalement la donne en nous offrant un divertissement de haut calibre.

Gal Gadot et Connie Nielsen dans Wonder Woman

Une héroïne bad-ass pleine d’humanité

Chevelure impeccable même au plus fort des combats, bustier ajusté, bracelets qui détournent les balles, lasso magique, tiare de princesse. Après Linda Harrison (WHO’S AFRAID OF DIANA PRINCE – 1967), Cathy Lee Crosby (WONDER WOMAN – 1974) et Lynda Carter (THE NEW ORIGINAL WONDER WOMAN – 1975 à 1979), Gal Gadot (FAST AND FURIOUS 4, 5 et 6) reprend tous les fabuleux accessoires de la légendaire amazone imaginée en 1941 par William Moulton Marston (All Star Comics, Vol. 1, N°8). Et si elle possède des attraits un peu clichés, nous avons bel et bien affaire ici à un personnage indépendant et brave.

On pourrait reprocher à WONDER WOMAN ses scènes de mansplaining (situation où un homme se croit obligé d’expliquer à une femme quelque chose qui la concerne directement, de façon paternaliste ou condescendante). Néanmoins, elles s’inscrivent pleinement dans les mœurs de l’époque (c’est d’ailleurs encore le cas en 2017…).

De plus, lorsque Steve Trevor (Chris Pine) lui rappelle souvent les enjeux et conséquences de la guerre à l’échelle humaine, elle n’hésite pas à imposer systématiquement son point de vue. Loin d’être un simple faire-valoir trop naïf, notre super-héroïne n’a ici besoin de personne pour exister et ne prend généralement pas en compte l’avis des hommes.

Gal Gadot, Chris Pine, Said Taghmaoui, Ewen Bremner et Eugene Brave Rock dans Wonder Woman

The Gal Gadot Show

Tandis que je peine à me souvenir de son rôle dans FAST AND FURIOUS, Gal Gadot crève ici l’écran. Retranscrivant à merveille toute l’ambivalence de son personnage, l’actrice est une parfaite combinaison de puissance, de ténacité et de bienveillance. Grâce à son charisme indéniable, elle réussit même à éclipser son incontournable ainée Lynda Carter.

Si Chris Pine (COMANCHERIA) parvient à tirer son épingle du jeu, le reste du casting ne brille guère face à elle. De Saïd Taghmaoui (AMERICAN BLUFF) à Danny Huston (X-Men Origins : Wolverine) en passant par Elena Anaya (LA PIEL QUE HABITO), ils ont beau jouer leur partition avec conviction rien n’y fait. Aucun d’eux ne fait de l’ombre à l’ancienne Miss Israël.

Gal Gadot dans un extrait de Wonder Woman

Reste que sur les 18 prochains films estampillés DC Comics, seul BATGIRL de Joss Whedon mettra à l’honneur une autre super-héroïne. Pourtant, la mythologie DC comporte bon nombre de personnages féminins à forte personnalité. WONDER WOMAN ayant déjà amassé 11 millions de dollars de recettes aux avants-premières de jeudi dernier, espérons que Warner bouleverse son planning en misant à nouveau sur une femme.

A venir, JUSTICE LEAGUE  (15 novembre 2017)
AQUAMAN (19 décembre 2018)

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