Avant de parler du nouveau film de Simon Hunter (« Le phare de l’angoisse ») je fais juste un petit rappel pour ceux qui ne connaîtraient pas l’historique du pourquoi et du comment de ce film. THE MUTANT CHRONICLES est à l’origine un jeu de rôle sorti dans les années 90, un petit peu dans l’esprit de DUNE, où l’on voit les Humains se déplacer en vaisseaux spatiaux et faire des batailles intergalactiques contre des races d’extraterrestres envahisseurs.

La Terre est en piteux état, et est désormais divisée en continent et par race, les pays que nous connaissons n’existant plus. Le jeu, sa genèse et sa mythologie ont tout d’abord vu le jour sous la forme d’une quinzaine de bouquins retraçant l’histoire des différentes planètes, différents peuples et des conflits qui opposent ceux-ci.

S’en sont suivis les figurines pour y jouer en version jeu de rôle plateau, les jeux de cartes, les jeux vidéos, jeux de société et désormais le film. Pour ce film attendu par la horde de fans du jeu de rôle, l’annonce de la mise en chantier de l’adaptation de celui-ci en long métrage leur fait déjà froid dans le dos, tant la profondeur mythologique, l’énorme diversité scénaristique et l’imaginaire visuel sont démesurés pour tenir en un seul film (Imaginez LE SEIGNEUR DES ANNEAUX en 1h40).

Alors quand, on annonce le presque inconnu Simon Hunter derrière la caméra, ce n’est pas ça qui les faits sauter au plafond, au contraire ! Et puis, quand on leur révèle le casting, ils font de plus en plus la gueule. Thomas Jane (THE PUNISHER, THE MIST) en tête d’affiche, suivi de Devon Aoki (SIN CITY), Ron Pearlman (HELLBOY) et pour finir ENFIN un vrai acteur en la personne de John Malkovitch (BURN AFTER READING) que l’on ne verra malheureusement que 5 minutes dans le film. Et ce que l’on pouvait craindre arriva et pas qu’un peu.

Tout d’abord, le film est mal écrit, si on ne connaît pas l’histoire du jeu, on ne comprend rien du tout, car pour résumer l’historique des quinze bouquins, on a droit à un résumé de 30 secondes maxi. L’histoire nécessitant, des combats dantesques dans l’espace, une Terre en friche, de nouvelles planètes avec ses peuplades et autres trucs de science-fiction en fait, on ne peut pas dire que le fait d’avoir un budget de 22 millions de dollars facilite les choses.

On nous raconte beaucoup ce qu’il s’est passé, et on ne voit pas grand-chose si ce n’est les mauvais raccords et trucages des fonds verts. Ceux qui rêvaient d’une adaptation par un grand réalisateur commencent à avoir les larmes aux yeux quand ils voient comment Simon Hunter tient sa caméra (apparemment à l’envers me dit on !) et n’arrive à aucun moment à donner de la profondeur et de la puissance à des personnages pourtant voulus charismatiques. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par ces derniers !

Les fans imaginaient des acteurs prestigieux pouvant porter sur leurs épaules ce fardeau qu’est le fait d’interpréter les sauveurs de la Terre et de l’humanité, au lieu de ça, côté casting, on a droit au fond du panier entre Thomas « je joue comme une enclume » Jane, Ron « j’ai une tête d’enclume » Pearlman et Devon « je sers encore moins à rien qu’une enclume » Eoki, il faut admettre que l’on n’est pas gâté.

Bref, on retiendra de ce film que l’histoire est brouillon et le scénario bâclé, la mise en scène quasi inexistante, les acteurs tous aussi mauvais les uns que les autres, des SFX d’il y a cinq ans et un montage fait au sécateur. Ben quoi ça vous donne pas envie ?

A propos de l'auteur

Ancien animateur radio, je me consacre depuis à la critique de films, de série TV ou d'interviews sur ce webzine. Président de l'association Deviant Zone qui organise des soirées cinéma mensuelles, je m'occupe également de la programmation de celles ci ainsi que de sa promotion.

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